Cette initiative, organisée par l’Infj avec l’appui de l’Agence française de développement (Afd) dans le cadre du C2D, s’inscrit dans le programme de modernisation du système judiciaire ivoirien.
À l’ouverture de l’atelier, le directeur général de l’Infj, Marie Léonard Lebry, a souligné que cette formation constitue une étape importante dans le renforcement des compétences des magistrats. Inscrite dans un programme de formation continue lancé en 2025 et prévu jusqu’en 2027, elle ouvre une série de 26 sessions programmées entre octobre et décembre 2026. Il a salué le soutien financier et technique de l’Afd et d’Expertise France.
Selon lui, cette session vise à préparer les magistrats appelés à exercer dans les futures juridictions administratives du pays. Il a rappelé que si le Conseil d’État est déjà opérationnel, les cours administratives d’appel et les tribunaux administratifs restent à être installés. La spécialisation des magistrats apparaît ainsi comme une condition essentielle à leur mise en fonctionnement.
Pour sa part, Audry Guenolé, chargé de mission Gouvernance à l’Afd, a estimé que la justice administrative est un pilier de l’État de droit. Elle permet de garantir le respect des normes juridiques par l’administration publique tout en renforçant la protection des citoyens, la sécurité juridique et la confiance envers les institutions. Il a précisé que cette coopération vise avant tout à adapter les meilleures pratiques aux réalités ivoiriennes.
Représentant le garde des Sceaux, Kouamé Augustin, directeur des affaires civiles et pénales, a rappelé que la Constitution de 2016 a consacré les fondements d’un véritable ordre de juridiction administrative. Dans cette dynamique, le ministère de la Justice travaille à la création du Tribunal administratif d’Abidjan et de la Cour administrative d’appel d’Abidjan. Il a insisté sur la nécessité de disposer de magistrats suffisamment formés pour garantir l’efficacité de ces futures juridictions.
Durant cinq jours, les participants bénéficieront de l’expertise de spécialistes du Conseil d’État français, notamment Timothy Paris, Stéphane Pestache et Fatou Diakité.
À travers cette formation, les autorités ivoiriennes ambitionnent de bâtir une justice administrative moderne, spécialisée et efficace, capable de mieux protéger les droits des citoyens et de consolider l’État de droit.
E.KOUAKOU