L’émissaire du gouvernement intervenait dans le cadre des Conférences de haut niveau de l’institution hôte, sur le thème : « Secteur informel et agro-industrie : articulations pour une transformation structurelle ».
Bruno Koné est formel : il s’agit de « relier plutôt que remplacer ». Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières est convaincu que « l’informel est une ressource à organiser », d’autant plus qu’il « produit, collecte, transforme et nourrit le pays ». Le conférencier a également souligné que « la valeur se gagne en profondeur », expliquant « qu’après avoir transformé plus, nous devons transformer plus loin, au plus près des bassins de production, en faisant des PME le chaînon manquant de notre industrialisation ». L’objectif est de rapprocher la transformation de la dernière étape avant la consommation directe. C’est en cela que « la formalisation doit rapporter ». Au dire du ministre, « elle doit devenir un parcours lisible, et la traçabilité un levier plutôt qu’une barrière ».
Bruno Koné a indiqué que des actions concrètes sont prévues pour atteindre les objectifs susmentionnés. Il s’agira notamment de «cartographier les unités de transformation et leurs besoins, sans quoi aucun ciblage sérieux n’est possible ; d’examiner l’accès des petites unités conformes à la commande publique alimentaire, cantines scolaires et hôpitaux, dans le respect du droit applicable ».
Le ministre entend également « encourager des programmes de fournisseurs locaux associés aux investissements agro-industriels ; faciliter l’accès aux équipements semi-mécanisés et à leur maintenance, séchoirs, presses, décortiqueuses, qui accroissent les volumes et réduisent la pénibilité, laquelle pèse d’abord sur les femmes ». Il faudra aussi « étudier l’extension des indications géographiques et des labels à d’autres produits du terroir, lorsque la demande et la gouvernance le justifient ; rapprocher des bassins de production les services de contrôle, de conseil et de certification, en valorisant d’abord les capacités existantes », selon le ministre.
La communication du ministre Bruno Koné a été saluée par les conseillers, comme l’a exprimé le président de l’institution, Dr Eugène Aka Aouélé. À l’ouverture de la séance, le président du Cesec avait déjà indiqué que les échanges seraient riches. « La personnalité tout indiquée pour approfondir cette réflexion n’est autre que le Ministre en charge de l’Agriculture. Sa grande expérience, acquise aussi bien dans le secteur privé que dans la conduite de l’action publique, constitue un apport précieux pour la compréhension des enjeux qui nous réunissent », a-t-il déclaré.
E.KOUAKOU