|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Face aux Norvégiens, les champions d’Afrique avaient pourtant les cartes en main pour arracher une prolongation. Solides pendant une grande partie de la rencontre, ils ont fini par céder dans le dernier quart d’heure, incapables de contenir les offensives adverses et de reprendre le contrôle du jeu. Une défaillance qui n’a rien d’anecdotique. Depuis le début du Mondial nord-américain, les Éléphants ont régulièrement éprouvé des difficultés à conserver un avantage ou à maîtriser leurs temps faibles dans les dernières minutes.
Lors de la phase de groupes, la Côte d’Ivoire avait déjà payé cher son manque de maîtrise face à l’Allemagne. Après avoir longtemps résisté, les hommes d’Emerse Faé avaient encaissé le but décisif en fin de rencontre, malgré une prestation globalement convaincante. Contre la Norvège, le scénario s’est répété. Alors que les Ivoiriens semblaient capables de pousser leur adversaire jusqu’en prolongation, ils ont progressivement reculé, multiplié les approximations techniques et laissé trop d’espaces dans leur moitié de terrain. Une baisse d’intensité dont les Scandinaves ont immédiatement profité.
Changements sans impact
Au-delà de l’aspect physique, les choix du sélectionneur interrogent également. Les changements opérés au fil des rencontres n’ont pas toujours permis de conserver l’équilibre collectif ou d’apporter le second souffle attendu. Plusieurs entrants n’ont pas réussi à ralentir le rythme imposé par les adversaires ni à conserver le ballon dans les moments de forte pression. Résultat, les Éléphants ont souvent subi les dernières séquences au lieu de les contrôler. Cette difficulté à fermer les matchs contraste avec les qualités affichées par l’équipe pendant une grande partie de la compétition. Organisée, disciplinée et capable de rivaliser avec des nations majeures, la sélection ivoirienne a pourtant manqué de lucidité lorsque les rencontres basculaient.
Depuis son arrivée à la tête des Éléphants, Emerse Faé a permis à la sélection ivoirienne de franchir un cap sur la scène internationale. La qualification pour la Coupe du monde et le parcours réalisé témoignent des progrès accomplis. Mais cette campagne mondiale révèle également les limites d’un groupe encore perfectible dans la gestion des temps forts et des temps faibles. Savoir conserver un résultat, casser le rythme lorsque nécessaire, effectuer les ajustements tactiques au bon moment ou gérer la pression des dernières minutes constitue désormais un axe de progression majeur. Le sélectionneur ivoirien devra également élargir les solutions offertes par son banc afin de disposer de profils capables de sécuriser un résultat ou d’apporter davantage de maîtrise lorsque l’équipe est sous pression.
Malgré l’élimination, tout n’est pas à jeter dans le parcours des Éléphants. La Côte d’Ivoire a confirmé qu’elle pouvait rivaliser avec des sélections de haut niveau et s’installer durablement parmi les meilleures nations africaines. Emerse Faé devra toutefois résoudre cette faiblesse récurrente. Car au plus haut niveau, les grands tournois se jouent souvent dans les dix dernières minutes. Et c’est précisément dans ces instants décisifs que les Éléphants ont laissé s’envoler leurs ambitions mondiales.
Axel KONE