Le Salvadorien Kilmar Abrego Garcia s’était rendu ce lundi 25 août à une convocation dans un centre d’immigration de Baltimore (nord-est des États-Unis), sous peine d’être à nouveau expulsé du pays. Il a été immédiatement détenu dans ce centre de rétention.
Plus tard dans la journée, un juge fédéral a bloqué de manière temporaire l’expulsion vers l’Ouganda de cet immigré installé de longue date aux États-Unis, devenu un symbole de la politique migratoire répressive de Donald Trump, après une plainte déposée par ses avocats. Une décision qui marque un nouvel épisode d’un cauchemar judiciaire vécu par Kilmar Abrego Garcia.
Avant d’entrer dans ce centre ce lundi, il a fait une déclaration dans laquelle il parle de sa famille et de la force qu’elle lui donne, en s’adressant aux autres familles qui vivent ce genre de situations: « Avec notre communauté et notre famille à nos côtés, l’amour triomphera. Ne perdez jamais espoir, vous aussi vous reverrez votre famille ». Il a ensuite conclu: “Promettez-moi de continuer à prier, à vous battre, à résister et à aimer. Pas seulement pour moi, mais pour tous. Continuez à exiger la liberté.”
Vivant au Maryland avec son épouse et ses enfants, il avait été arrêté et expulsé illégalement vers le Salvador en mars 2025. Contrainte par une décision de justice, l’administration Trump l’a rapatrié aux États-Unis en juin. À son retour aux États-Unis, Kilmar Abrego Garcia n’est pas au bout de ses surprises. Immédiatement inculpé et incarcéré pour trafic de migrants, il plaide alors non coupable. Son procès est fixé au 27 janvier 2027 et un juge fédéral ordonne qu’il soit libéré le vendredi 22 août, dans l’attente de son procès.
« Aujourd’hui a été une journée très spéciale, car j’ai revu ma famille pour la première fois depuis plus de 160 jours (…) Nous avons fait un pas de plus vers la justice, mais celle-ci n’a pas encore été pleinement rendue », avait-il témoigné dans un communiqué relayé par une association de défense des immigrés.
Le jeudi, ses avocats avaient reçu une offre de la part de l’administration: son expulsion se fera au Costa Rica s’il reste en prison. Mais s’il préfère sortir en attendant son procès, l’expulsion se fera vers l’Ouganda. Le gouvernement avait informé Kilmar Abrego Garcia qu’il avait jusqu’à lundi matin pour accepter une demande d’expulsion vers le Costa Rica, faute de quoi cette offre serait abandonnée, selon ses avocats.
Le samedi 23 août, les avocats de Kilmar Abrego García avaient accusé le gouvernement Trump de tenter de le “contraindre” à plaider coupable dans son affaire pénale, en menaçant de l’envoyer “à l’autre bout du monde” en Ouganda, selon le New York Times. Après la sortie de prison de Kilmar Abrego Garcia vendredi, les services de l’Immigration et des Douanes (ICE) ont bien informé ses avocats qu’il serait donc expulsé vers l’Ouganda et qu’il devait se présenter aux autorités de l’immigration ce lundi.
Le pays d’Afrique a annoncé ce jeudi 21 août avoir conclu un accord avec Washington pour accueillir des « ressortissants de pays tiers qui pourraient ne pas obtenir l’asile aux États-Unis ».
Source tv5monde.com