Une heure après le succès face à Curaçao (2-0), Franck Kessié s’est présenté en zone mixte avec le sourire des grands soirs. Le capitaine des Éléphants venait de conduire la Côte d’Ivoire vers un exploit inédit : une première qualification pour la phase à élimination directe d’une Coupe du monde.
Pour celui qui a connu les joies de la CAN et évolué dans les plus grands clubs européens, cette performance restera gravée dans l’histoire du football ivoirien.n« C’est une date historique qui restera marquée dans le football ivoirien. La grande génération avait échoué à trois reprises. En Coupe du monde, rien n’est facile. Dieu merci, avec ce nouveau groupe, nous avons réussi à franchir ce cap. »
Avec deux victoires en trois rencontres, les Éléphants ont également signé un autre record dans leur histoire mondiale. Mais pour Kessié, le plus important n’est pas la manière. « Notre premier objectif était de sortir des poules. Peu importe que ce soit avec une, deux ou trois victoires. Aujourd’hui, cette première étape est accomplie. Maintenant, une nouvelle compétition commence. »
Le milieu ivoirien refuse déjà de s’attarder sur cette qualification historique. Les huitièmes sont dans toutes les têtes, même si l’adversaire reste à déterminer entre la France et la Norvège. « Ce sont deux grandes nations avec des joueurs de très haut niveau. Mais à partir des matches à élimination directe, tout peut arriver. C’est un match sec et, dans le football, tout est possible. »
Le collectif avant les individualités
Interrogé sur la principale force de cette sélection ivoirienne, Kessié ne cite ni un joueur ni un secteur de jeu. « Notre force, c’est le collectif, la bonne entente et surtout l’humilité. Le sélectionneur joue un rôle énorme. C’est le capitaine du bateau. Nous suivons ce qu’il met en place. Nous sommes 26 joueurs capables de débuter. Chacun travaille pour gagner sa place et cela tire tout le monde vers le haut. » Pour le capitaine ivoirien, la qualification n’est donc pas une fin en soi. « C’est maintenant que les choses sérieuses commencent. Bien sûr, sortir des poules est un soulagement, mais dès demain, il faudra penser au prochain match. »
À 29 ans, Franck Kessié mesure mieux que quiconque la rareté d’une Coupe du monde pour une sélection africaine. « La Coupe du monde revient tous les quatre ans. La Côte d’Ivoire a attendu douze ans avant d’y revenir. On peut faire toute une carrière sans avoir la chance d’en disputer une. Quand cette opportunité arrive, il faut tout donner, prendre du plaisir et jouer comme si c’était la dernière. »
Fier d’écrire une nouvelle page de l’histoire
Présent depuis plus d’une décennie en sélection, Kessié savoure le chemin parcouru. « Réussir à franchir ce premier tour lors de notre quatrième participation est quelque chose d’historique. C’est une immense fierté. Je suis fier de mes coéquipiers, du staff, de toute la Fédération et de notre président, qui est toujours à nos côtés. Cette qualification est aussi une façon de lui rendre tout ce qu’il fait pour nous. » Le capitaine a également tenu à saluer les milliers de supporters ivoiriens venus garnir les tribunes.
« Aujourd’hui, le stade était orange. Des supporters sont venus des quatre coins du monde pour nous encourager. Cela nous touche énormément. Nous espérons continuer à leur donner des raisons d’être fiers. »
Porter le brassard des Éléphants reste une responsabilité que Kessié mesure chaque jour. « Être capitaine de la Côte d’Ivoire est un immense honneur. Quand on pense aux joueurs qui ont porté ce brassard avant moi, comme Didier Drogba, Yaya Touré ou Kolo Touré, on comprend le poids de cette responsabilité. Je me sens privilégié de marcher dans leurs pas. »
Malgré une CAN remportée, une Coupe du monde réussie et un parcours dans les plus grands championnats européens, Franck Kessié estime que son histoire est loin d’être terminée. « Quand je vois des joueurs comme Messi ou Cristiano Ronaldo continuer à repousser leurs limites, je me dis que je suis encore loin d’avoir atteint les miennes. Il faut continuer à rêver. Tant que personne ne t’arrête, il faut avancer. »
Concernant son avenir en club, alors que le mercato approche, le capitaine ivoirien préfère repousser toute réflexion. « Aujourd’hui, je ne pense qu’à la Coupe du monde. Après la compétition, il sera temps de parler de l’avenir. »
Axel KONE