L’un des plus importants dossiers de fraude financière de ces dernières années en Côte d’Ivoire vient de connaître son dénouement. Après plusieurs mois d’audience, le tribunal du Pôle pénal économique et financier a rendu son verdict dans l’affaire KDS Holding, une société qui promettait des rendements élevés à des milliers d’investisseurs grâce à une activité de véhicules de transport avec chauffeur (VTC).
Avant de prononcer la décision, la présidente du tribunal a apporté plusieurs précisions. Elle a indiqué que l’infraction la plus grave retenue contre Koffo Doga Séverin est l’escroquerie, tandis que, pour la société KDS Holding, le blanchiment de capitaux constitue le principal chef d’accusation.
La juridiction a également clarifié la situation des parties civiles. Seule la Fédération ivoirienne pour l’entente et la renaissance (FIER), régulièrement constituée, bénéficie d’une prise en charge collective pour les dommages et intérêts. Les membres des autres regroupements devront, eux, être indemnisés individuellement.
Sur les trois prévenus, un seul a été relaxé. Khalil Al Heloun, employé de KDS Holding poursuivi pour blanchiment de capitaux, a été déclaré non coupable. En revanche, le tribunal a reconnu Koffo Doga Séverin et Attafoua Liliane Flore coupables d’escroquerie portant sur 10,5 milliards de FCFA et de blanchiment de capitaux. Tous deux sont condamnés à 20 ans de prison ferme, assortis d’un mandat de dépôt. Présent à l’audience, Koffo Doga Séverin a été immédiatement conduit en prison par les gendarmes. Son épouse, en fuite, fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt.
Le tribunal leur inflige également une amende de 10 millions de FCFA chacun. La personne morale, KDS Holding, est condamnée à verser une amende de 51,192 milliards de FCFA à l’État.
Au-delà des peines principales, le tribunal a prononcé plusieurs sanctions complémentaires. Pendant trois ans, Koffo Doga Séverin et Attafoua Liliane Flore ne pourront ni quitter le territoire national ni détenir un passeport.
Axel KONE