C’est le message porté, mercredi 30 septembre 2026, par Soro Mamadou, porte-parole du G8, à l’occasion de la cérémonie solennelle de rentrée du dialogue social, présidée par la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, Anne Désirée Ouloto-Lamizana.
Au nom de l’Ugtci, de la Cisl-Dignité, de la Fesaci-CG, de l’Unatrci, d’Humanisme, de la CS-Pfn, de l’Itci, de la Cosyfop et de l’ensemble des syndicats de fonctionnaires et agents de l’État, Soro Mamadou a salué les acquis issus de l’accord social du 8 août 2022. Il a salué le leadership du chef de l’État et sa sollicitude à l’égard des travailleurs, en activité comme à la retraite.
Pour le porte-parole du G8, la trêve sociale de 2022 a produit des résultats « qualitatifs et quantitatifs » dans la protection sociale des fonctionnaires et agents de l’État. Alors que cet accord arrive à son terme, il a posé une question centrale : faut-il négocier un nouveau pacte social ou renouer avec une relation de travail conflictuelle ?
La réponse du G8 est, selon lui, sans ambiguïté : « Le dialogue social permanent a atteint un niveau qui n’autorise aucune autre réponse possible que celle de poursuivre la négociation, le dialogue social». Soro Mamadou a ainsi plaidé pour un dialogue fondé sur la responsabilité partagée. « Un État ne peut être fort que lorsque les femmes et les hommes qui le servent se sentent eux-mêmes respectés et considérés. Mais nous ajouterons : un service public ne peut être performant que lorsque ceux qui le servent acceptent également d’en porter la responsabilité ».
La question des primes et indemnités figure parmi les principaux dossiers évoqués. Le porte-parole du G8 a assuré que cette problématique fait l’objet d’une attention particulière de la plateforme syndicale. « Je voudrais rassurer les fonctionnaires et agents de l’État que le G8 est saisi de ce dossier et le traite avec la plus grande des rigueurs », a-t-il affirmé, citant également les préoccupations des agents des secteurs de la santé, des halieutes et des ministères sans primes.
Le G8 entend par ailleurs poursuivre les discussions sur les questions sectorielles afin de renforcer la complémentarité des emplois et des services, présentée comme un socle de l’efficacité du service public.
Le G8 « prêt à écouter et à négocier »
Soro Mamadou a annoncé que le G8 ira, dans les prochains jours, semaines et mois, à l’écoute de l’ensemble du monde syndical dans sa diversité. Cette démarche vise, selon lui, à mieux prendre en compte les problématiques et préoccupations des fonctionnaires. « Le G8 est prêt. Prêt à écouter. Prêt à négocier. Prêt à proposer. Prêt à prendre ses responsabilités. Prêt à faire des concessions lorsque l’intérêt général l’exige. Mais également prêt à défendre, avec responsabilité et détermination, les intérêts légitimes des travailleuses et travailleurs de Côte d’Ivoire ».
Pour le porte-parole, la paix sociale se construit par le dialogue et le compromis. « La paix sociale ne se décrète pas. Elle se construit autour d’une table, par l’écoute, le respect, la négociation et la recherche patiente du compromis. »
Le G8 se dit ainsi favorable à l’ouverture de discussions en vue d’un nouveau pacte social. « Nous ne voulons pas seulement signer des accords. Nous voulons que les accords produisent des résultats, comme cela l’a été en 2017 et 2022. Nous ne voulons pas seulement être entendus. Nous voulons participer à la construction des solutions ». Enfin, Soro Mamadou a appelé à construire une Côte d’Ivoire où le dialogue social demeure « l’un des piliers de la paix, de la stabilité, de l’efficacité du service public et du progrès social ».
La rencontre, qui s’est tenue en présence notamment des ministres chargés de la Santé, de l’Éducation nationale, ainsi que du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, intervient dans un contexte marqué par les attentes persistantes des fonctionnaires et agents de l’État, sur les primes et autres questions à incidence financière.
Eric KOUAKOU