À l’occasion de l’examen de deux projets de loi portant respectivement sur le règlement du budget de l’État pour l’exercice 2025 et le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, l’élu du PDCI-RDA a interpellé le gouvernement sur la pertinence de maintenir cette dotation budgétaire. Face aux membres de la commission, le porte-parole du PDCI-RDA n’a pas caché son incompréhension.
« Pourquoi maintenir le budget alloué à la Commission électorale indépendante (CEI) au titre de l’exercice 2026, alors que cette institution a été dissoute ? », a-t-il interrogé.
Pour Soumaïla Brédoumy, les ressources prévues pour cette institution pourraient être réorientées vers des secteurs confrontés à des besoins plus urgents. Il a notamment évoqué les difficultés d’accès à l’eau potable dans certaines localités, particulièrement en période de saison sèche.
« Nous avons des localités où nous rencontrons de véritables problèmes d’eau en saison sèche. On pourrait créer des pompes villageoises pour soulager les populations avec ce budget. La CEI doit attendre », a-t-il plaidé.
En réponse à cette interpellation, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a apporté des précisions sur les raisons du maintien de cette enveloppe budgétaire. Selon lui, la dissolution de la CEI n’entraîne pas automatiquement la disparition de ses obligations financières, notamment à l’égard de son personnel.
Il a indiqué qu’un liquidateur avait récemment été nommé afin d’évaluer la situation financière et administrative de l’institution, ainsi que les ressources nécessaires à sa liquidation.
« Concernant la CEI, le liquidateur a été nommé il n’y a pas longtemps. Il est en train de faire le point pour voir exactement de quoi il a besoin pour procéder à la liquidation. En fait, la CEI a des engagements vis-à-vis de ses personnels qui se trouvent sur l’ensemble du territoire et également des contrats . Il faut donc que le liquidateur fasse l’état des lieux, sache ce qui existe et détermine ce qu’on peut faire », a expliqué le ministre.
Adama Coulibaly a également précisé que le montant initialement prévu pourrait ne pas suffire à couvrir l’ensemble des charges liées à cette opération. Il n’a donc pas exclu la possibilité d’une demande de crédits supplémentaires.
« Une fois que la situation aura été établie par le liquidateur, on pourra voir exactement. Il pourrait même arriver que le liquidateur demande des montants additionnels. Parce qu’il faut payer les indemnités du personnel et procéder à leur séparation », a-t-il justifié.
Cette intervention met ainsi en lumière les interrogations autour de la gestion des ressources publiques après la dissolution de la CEI, entre les impératifs de liquidation de l’institution et les attentes exprimées par certains parlementaires quant à la réaffectation de ses crédits.
E.KOUAKOU