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Rétrocession du 43ᵉ BIMA : un long processus de négociations
La rétrocession du camp militaire du 43ᵉ BIMA (Bataillon d’Infanterie de Marine) à la Côte d’Ivoire, annoncée par le président Alassane Ouattara dans son discours du 31 décembre 2024, a suscité des interrogations sur la présence future des troupes françaises dans le pays. Amadou Coulibaly a clarifié : « Une fois le camp rétrocédé, il nous appartient entièrement. Il n’est pas question d’une cohabitation avec une autre armée. Ce processus est le résultat de longues négociations. »
Relancé sur la nature de la présence militaire française, il a précisé que des conseillers militaires pourraient continuer à collaborer dans le cadre d’accords bilatéraux, mais que la fonction du camp, autrefois dédiée à des opérations militaires françaises, changerait radicalement. « Ce ne sera plus un camp d’intervention avec des bataillons comme auparavant. Cependant, il ne s’agit pas de rompre tous les accords militaires avec la France. »
Macron et les relations sécuritaires franco-africaines
Interrogé sur les propos récents d’Emmanuel Macron, qui a évoqué la fin de partenariats militaires dans plusieurs pays d’Afrique, Amadou Coulibaly a tenu à recentrer le débat sur la situation ivoirienne. « Pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara a été clair dans son discours sur les conditions de rétrocession. Nous n’avons aucune ambiguïté à ce sujet. »
En réaction aux propos de Macron sur l’ingratitude de certains dirigeants africains, Coulibaly a souligné : « La France n’a jamais mené de combats pour la Côte d’Ivoire. Nous avons entretenu une collaboration claire et ancienne, mais ces remarques semblent viser d’autres pays, pas le nôtre. »
Saisine de l’ONU par Laurent Gbagbo
Concernant la déclaration de Laurent Gbagbo sur une prétendue intervention de l’ONU pour réclamer sa réinscription sur la liste électorale, Amadou Coulibaly a réagi avec prudence : « Nous n’avons pas été informés de ce courrier. Ceux qui en disposent peuvent le mettre à disposition. »
Laurent Gbagbo, président du PPA-CI et candidat investi pour la présidentielle de 2025, conteste sa radiation de la liste électorale en raison d’une condamnation dans l’affaire du « braquage » de la BCEAO lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Il réclame sa réintégration et affirme que l’ONU aurait écrit au gouvernement ivoirien à ce sujet.
Diplomates burkinabè
Enfin, concernant le rappel annoncé de diplomates burkinabè en poste en Côte d’Ivoire, Amadou Coulibaly a indiqué que le gouvernement ivoirien n’avait pas encore été officiellement informé : « Le ministère des Affaires étrangères nous tiendra informés, et une réaction sera communiquée en temps voulu. »
Par ses déclarations, Amadou Coulibaly a cherché à dissiper les zones d’ombre autour des relations militaires entre la Côte d’Ivoire et la France, tout en évitant les polémiques inutiles. Il a également insisté sur la transparence et la responsabilité dans les affaires nationales, notamment celles liées à la rétrocession du 43ᵉ BIMA et aux déclarations de Laurent Gbagbo.
Cette conférence de presse souligne les enjeux stratégiques et politiques auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée, dans un contexte régional marqué par des évolutions rapides et des ajustements des relations internationales.
Axel KONE