Le projet a été présenté le mardi 28 juillet 2026, lors d’un atelier de validation des contenus pédagogiques à l’immeuble Postel 2001, au Plateau. Prévue sur deux années, cette formation ambitionne de doter le pays d’une nouvelle génération d’experts capables de protéger les systèmes d’information, de conduire des investigations numériques et de répondre aux défis croissants de la transformation numérique.
Ouvrant les travaux, le directeur général adjoint de l’Anssi, Élie Konan, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la feuille de route du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, notamment dans son volet consacré à la cybersécurité et à la confiance numérique. Selon lui, ce partenariat avec l’Esatic répond à trois priorités nationales : renforcer l’autonomie stratégique de la Côte d’Ivoire dans le cyberespace, combler le déficit de professionnels qualifiés et améliorer l’employabilité des jeunes tout en consolidant le rayonnement du pays dans la sous-région. « En formant une nouvelle génération de professionnels de la cybersécurité, nous renforçons les compétences nationales et contribuons durablement à la résilience numérique de la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.
Le directeur adjoint de l’Anssi a précisé que les échanges ont porté sur deux filières complémentaires : la sécurité des systèmes d’information et la criminalistique numérique, dont les contenus pédagogiques ont été examinés par les experts réunis pour l’occasion.
« Mettre en place une formation de pointe »
Pour le directeur général de l’Esatic, Adama Konaté, ce master répond à un besoin stratégique de compétences dans un contexte où les attaques informatiques se multiplient. « Notre ambition ne consiste pas uniquement à délivrer un diplôme. Nous voulons mettre en place une formation de pointe », a-t-il insisté. Le cursus couvrira des domaines variés, notamment la sécurité des réseaux et des systèmes, la cryptographie, la cybersécurité des applications, le cloud computing, les objets connectés, l’investigation numérique, la gestion des incidents, l’audit de sécurité, la gouvernance des risques et la protection des données.
Adama Konaté a également plaidé pour une approche multidisciplinaire associant informaticiens, mathématiciens et juristes afin de concevoir un programme équilibré, répondant aussi bien aux exigences techniques qu’aux impératifs réglementaires. Il a, en outre, souhaité que les apprenants puissent bénéficier de certifications professionnelles délivrées par l’Anssi, afin de renforcer la valeur du diplôme sur le marché de l’emploi. À travers ce partenariat, l’Anssi et l’Esatic affichent leur volonté de créer une formation de référence capable d’accompagner les besoins des administrations, des entreprises et des opérateurs d’infrastructures critiques.
Au-delà de la délivrance d’un diplôme, l’objectif est de faire émerger un vivier d’experts en cybersécurité, apte à renforcer la souveraineté numérique de la Côte d’Ivoire et à positionner le pays comme un pôle régional de compétences dans un domaine devenu stratégique.
E.KOUAKOU