La Côte d’Ivoire a achevé sa fenêtre internationale de septembre sur une fausse note. Les Éléphants se sont inclinés (0-1) face au Cameroun, samedi 3 octobre au stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, au terme d’une rencontre au cours de laquelle Hervé Renard avait décidé de largement remanier son équipe.
Face aux Lions indomptables, le sélectionneur ivoirien a procédé à onze changements par rapport au onze de départ aligné lors des deux premières journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027. Un choix assumé, malgré la défaite, et qui répondait à une logique précise : profiter de ce rendez-vous international pour évaluer les joueurs jusque-là peu utilisés.
« On avait une fenêtre internationale de quinze jours, un premier stage pour ce nouveau staff, deux matchs qualificatifs pour la Coupe d’Afrique des Nations, où on a réussi à faire le plein de points, deux points, pardon, et puis un match international amical, qui plus est, je sais, contre le Cameroun, mais c’était ma seule possibilité de voir les nouveaux joueurs à l’œuvre », a expliqué Hervé Renard après la rencontre.
Le technicien français savait donc que cette option comportait des risques. Il les a d’ailleurs pleinement assumés au coup de sifflet final. « C’est pour ça que j’ai pris le risque de démarrer avec onze joueurs qui n’étaient pratiquement pas dans les titulaires lors des deux premiers matchs », a-t-il poursuivi.
Dans le détail, seuls quelques joueurs déjà titularisés lors des deux premières sorties ont conservé une place dans le onze de départ. Agbadou, Diomandé et Sangaré avaient notamment déjà disputé une rencontre. Pour le reste, Renard a ouvert la porte à de nouveaux visages. « Agbadou avait fait un match, Diomandé avait fait un match, Sangaré avait fait un match. Mais tout le reste, c’était des changements », a précisé le sélectionneur.
Une stratégie qui n’a pas permis à la Côte d’Ivoire d’éviter la défaite, mais qui devait avant tout servir à élargir les options du staff technique. Pour Renard, le résultat de cette rencontre ne doit donc pas occulter les enseignements tirés de la prestation de ses joueurs. « J’assume l’entière responsabilité des risques que j’ai pris. Ça fait partie de mon travail et je n’ai pas peur de les prendre. Mais au moins, je tire ce soir énormément d’enseignements sur chaque joueur et sur ce qu’ils vont pouvoir m’apporter par la suite », a-t-il assuré.
Le sélectionneur a également profité de la seconde période pour tester une nouvelle association sur le front de l’attaque. Elye Wahi et Ange-Yoan Bonny ont ainsi été associés à partir de l’heure de jeu. Une séquence qui n’était pas improvisée.
Renard avait prévu cette configuration avant même le coup d’envoi. « J’avais voulu planifier que, dans la dernière demi-heure, j’allais essayer cette combinaison, cette association. Ça faisait partie des plans que j’avais dans ma tête à partir de la 60e minute, de les associer pour voir ce que ça pouvait donner », a-t-il expliqué. Les deux attaquants n’ont toutefois pas réussi à renverser le scénario d’une rencontre déjà mal engagée pour les Éléphants.
Entré en jeu à l’heure de jeu, Yan Diomandé a livré une analyse sans détour au micro de NCI. L’ailier ivoirien a reconnu la particularité d’un duel entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun, même lorsqu’il s’agit d’un match amical. « C’est vrai que c’est un match amical, mais un Côte d’Ivoire-Cameroun est toujours particulier. Nous, on voulait gagner, mais le coach voulait essayer quelque chose. Malheureusement, cela n’a pas marché », a-t-il déclaré.
Une sortie qui aurait pu alimenter les débats, mais qui rejoint finalement l’explication donnée par Hervé Renard lui-même. Le sélectionneur avait fait de cette rencontre un véritable laboratoire, au risque de sacrifier le résultat.
Des enseignements à tirer
La défaite face au Cameroun vient certes ternir la fin de la fenêtre internationale, mais Hervé Renard préfère retenir les enseignements de cette expérience. Après avoir lancé plusieurs joueurs dans des conditions internationales, le technicien français dispose désormais de davantage d’éléments pour affiner ses choix.L’enjeu sera désormais de transformer ces observations en décisions pour les prochaines échéances des Éléphants, avec de nouveaux rendez-vous internationaux attendus en novembre puis en mars 2027.
Eric KOUAKOU