Depuis cet après-midi, depuis que j’ai vu cette vidéo sur Internet, je me sens profondément bouleversé. D’abord, je souffre pour ce pauvre prêtre qui a perdu la vie alors qu’il célébrait la messe. Ensuite, je pense à ceux qui, au lieu de faire preuve d’humanité et de compassion, profiteront de cette tragédie pour critiquer l’Église.
Enfin, je pense aux catholiques qui, faute de connaître suffisamment leur foi, ne sauront pas comment répondre à ces critiques. Oui, c’est une nouvelle qui bouleverse profondément le monde catholique.
Le samedi 17 octobre 2026, le père Patricio Alfredo Sánchez Molinari, prêtre rédemptoriste et curé de la paroisse Notre Dame du Perpétuel Secours à Guayaquil, en Équateur, aurait perdu la vie dans des circonstances tragiques alors qu’il célébrait la messe.
Selon les informations rapportées par les médias, un grand crucifix en bois fixé derrière l’autel se serait détaché et serait tombé sur lui. La célébration était retransmise en direct sur les réseaux sociaux. Les fidèles présents, horrifiés, ont immédiatement crié au secours et tenté de lui venir en aide.
Cette tragédie soulève en moi de nombreuses questions douloureuses :
1. Qui a installé ce grand crucifix sans s’assurer suffisamment de sa solidité et de sa sécurité ?
2. Pourquoi est-il tombé précisément à ce moment-là, alors qu’il aurait pu tomber à un autre moment ?
3. Pourquoi le crucifix, ou même Jésus présent dans l’Eucharistie, n’a-t-il pas sauvé ce prêtre ?
4. Quel message Dieu veut-il nous faire comprendre à travers cet événement ?
5. Comment comprendre qu’un prêtre puisse mourir alors qu’il célèbre le sacrifice du Christ ?
Ce sont des questions difficiles, mais nous devons faire attention à ne pas tirer trop rapidement des conclusions sur la volonté de Dieu. Allons voir ce que nous dit la Bible. Plusieurs passages bibliques nous rappellent que des événements tragiques peuvent survenir même dans des contextes sacrés.
A. 2 Samuel 6, 6-7 : Ouzza meurt après avoir touché l’Arche de Dieu.
B. Lévitique 10, 1-2 : Nadab et Abihou meurent alors qu’ils exercent leur ministère sacerdotal.
C. Luc 13, 4-5 : Jésus évoque les dix-huit personnes mortes lors de la chute de la tour de Siloé et refuse que leur mort soit interprétée comme la preuve qu’elles étaient plus pécheresses que les autres.
D. Luc 13, 1-3 : Jésus parle de Galiléens tués par Pilate et appelle chacun à la conversion.
Ces textes ne nous autorisent pas à affirmer que chaque accident est une punition divine ou un avertissement surnaturel. Ils nous invitent plutôt à réfléchir à notre propre vie et à notre relation avec Dieu.
Cependant, cette tragédie doit aussi nous interpeller sur la responsabilité humaine. Les crucifix, les statues, les autels et les autres installations de nos églises doivent être régulièrement vérifiés pour protéger les prêtres, les servants d’autel et les fidèles.
Pour moi, cet événement ne doit pas être considéré uniquement comme un accident à oublier. Il doit au moins devenir un appel sérieux à la vigilance, à la responsabilité et à une foi plus profonde. Je ne prétends pas connaître avec certitude le message que Dieu voudrait nous transmettre. Le temps et notre réflexion nous aideront peut-être à mieux comprendre les leçons humaines et spirituelles à en tirer.
Une question demeure : pourquoi Dieu permet-il que de telles souffrances arrivent, même à ceux qui le servent fidèlement ?
Nous n’avons pas toujours de réponse immédiate. Mais la mort d’un prêtre pendant la messe ne signifie pas que Dieu l’a abandonné, ni que l’Eucharistie a perdu sa puissance. Jésus lui-même a prié sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Pourtant, la croix n’a pas eu le dernier mot : la résurrection a suivi. Aujourd’hui, confions le père Patricio à la miséricorde de Dieu.
Prions pour ses confrères rédemptoristes, sa famille et tous ses paroissiens. Seigneur Jésus, accueille ton serviteur dans ta paix et console tous ceux que cette mort tragique a profondément blessés. Donne à ton Église la sagesse de comprendre, le courage de témoigner de sa foi et la responsabilité de protéger la vie. Amen.
Le père Patricio Sánchez discourrait sur la mort
Notons qu’une enquête a été déclenchée pour tenter de déterminer les causes de l’accident. Le père Patricio Sánchez était âgé de 53 ans. Il officiait à Guayaquil, la plus grande ville d’Équateur. C’est un discours comme il en a sans doute prononcé des centaines. Mais ces mots ont été ses derniers et ils résonnent différemment, après le dramatique accident qui lui a coûté la vie. Un prêtre qui discourrait sur la mort a été tué par la chute d’un crucifix, samedi lors d’une messe retransmise en direct, à Guayaquil, la plus grande ville d’Équateur.
La vidéo, qui a depuis été retirée des réseaux sociaux de la paroisse Nuestra Señora del Perpetuo Socorro, montre le père Patricio Sánchez, debout et faisant face aux fidèles lors de la messe qu’il dirigeait. « Un jour, nous tous ici présents mourrons aussi ; et parfois, le temps que nous avons consacré à certaines choses n’aura pas autant de sens que le temps que nous aurons passé avec Dieu, l’entend-on dire. Le temps de qualité que nous consacrons à Dieu, à nos frères et sœurs, à nos conjoints, à nos enfants et à notre famille, c’est là le temps le mieux employé. »
Alors qu’il venait de demander à l’assistance de prier, le crucifix géant situé derrière lui s’est détaché du mur sur lequel il était fixé, et a heurté le prêtre par derrière. De nombreux paroissiens sont venus à son secours. « Mon père, mon père ! Appelez une ambulance ! », entend-on une voix féminine crier dans la vidéo.
Patricio Sanchez n’a cependant pas pu être sauvé. Il était âgé de 53 ans, et appartenait à la congrégation des Rédemptoristes, un ordre religieux catholique romain fondé en 1732 et présent dans 80 pays.
« Le symbole n’est pas le Christ, c’est la croix »
Une enquête a été lancée pour tenter de déterminer les causes de l’accident. Le site a été fermé en attendant l’arrivée des agents de la police scientifique, chargés de procéder aux constatations et à la levée du corps. L’église a cependant rouvert plus tard dans le week-end. Ce dimanche, une messe avait lieu à 9 heures du matin. Elle a réuni plusieurs dizaines de fidèles.
Le père Pedro, qui la présidait, a consacré une partie de son homélie au décès survenu la veille. « Pour nous, comme pour vous, il était un prêtre, un pasteur, une vocation qui l’a conduit à devenir religieux, a-t-il déclaré. Nous devons pleurer, nous attrister. Je ne crois pas que la douleur soit facile pour nous ; ce n’est pas facile, car nous sommes des êtres humains. Vous qui avez connu le père Patricio, c’était un homme simple, humble, un homme proche. »
Au cours de l’homélie, le prêtre a également évoqué les circonstances du décès et a demandé aux personnes présentes de ne pas attribuer l’accident à une intervention religieuse. « Le symbole de la croix est tombé sur lui, a-t-il rappelé. Mais le symbole n’est pas le Christ, c’est la croix. »
« Nous annonçons que notre bien-aimé père Patricio Alfredo Sánchez Molinari, qui a exercé la charge de curé de l’église du Perpétuel Secours dans le vicariat central, a rejoint la Maison du Père pour jouir de Sa présence et de Sa gloire », a quant à elle indiqué l’église dans un communiqué. « L’archidiocèse de Guayaquil s’unit dans la prière pour le repos éternel de son âme et exprime sa solidarité, son affection et son amour à la communauté rédemptoriste, à sa famille et à ses amis », a également déclaré l’archidiocèse dans son communiqué.
Le Parisien