Sur la terre battue de l’Academia de Tenis Kikuxi Villas Club, l’équipe dirigée par le coach Illou Lonfo a dominé le groupe IV avec autorité. Enchaînant les victoires contre le Gabon, le Kenya, le Burundi et la Rd Congo, les Ivoiriens n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Résultat : 11 matchs disputés, une seule manche concédée. Beaucoup doutaient de leur capacité à sortir de ce groupe dense où se mêlaient des équipes expérimentées comme le Ghana, le Kenya ou la Rd Congo. Mais l’équipe ivoirienne a prouvé qu’elle avait non seulement le talent, mais aussi l’état d’esprit d’un collectif conquérant.
La montée en puissance a été amorcée dès le premier match contre la Rdc, avec la victoire convaincante d’Aziz Bationo face à Christian Saïdi (6/4, 6/1). Une entame maîtrisée qui a donné le ton. Dans la foulée, Eliakim Coulibaly, véritable pilier de l’équipe, a scellé la qualification en s’imposant avec solidité contre William Bushamuka (6/4, 6/4). Numéro 1 ivoirien, Coulibaly a assumé son rôle de leader, irradiant confiance et énergie autour de lui. Derrière lui, des jeunes comme Francky Hoimian, Nadal Koffi et bien sûr Bationo montrent qu’un nouveau souffle anime la discipline. Une génération ambitieuse, bien décidée à faire renaître l’espoir d’un tennis ivoirien compétitif sur la scène continentale et, pourquoi pas, mondiale.
Pour Sylvère Koyo, président de la Fédération ivoirienne de tennis (Fif), ce succès est porteur de symboles. « C’est le fruit du travail, de la rigueur et de la foi en nos joueurs. Mais ce n’est qu’un début », a-t-il confié. Car au-delà de la performance, cette accession marque une dynamique de reconstruction. Le tennis ivoirien, en déclin ces dernières années, prouve qu’il peut rebondir et viser plus haut. L’objectif désormais est clair : gravir les échelons jusqu’à la zone I, synonyme d’élite continentale. Une tâche ardue, mais qui semble à portée d’une équipe aussi soudée que talentueuse.
Créée en 1900, la Coupe Davis est la plus prestigieuse compétition de tennis par équipes masculines. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire, y progresser représente bien plus qu’un enjeu sportif : c’est une vitrine pour les talents locaux, un levier pour attirer des sponsors, relancer les infrastructures et inspirer une nouvelle génération de joueurs.
E.KOUAKOU