Lors d’une incursion « d’individus armés non identifiés », dans le nord-est de la Côte d’Ivoire près du Burkina Faso, quatre villageois ont été tués, un autre porté disparu et une femme grièvement brûlée. Plusieurs habitations ont été incendiées et du bétail emporté, indique également le chef d’état-major, le général Lassina Doumbia dans un communiqué. Il s’agit de la première attaque meurtrière de ce type dans le pays depuis 2021.
L’attaque a eu lieu dans la nuit de dimanche 24 août à lundi 25 août dans le hameau de Difita (département de Téhini), situé à 2 kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso – les deux pays partagent une frontière de près de 600 km et entretiennent des relations tendues en s’accusant mutuellement de déstabilisation. Face à cette attaque meurtrière, l’armée ivoirienne affirme avoir déployé des moyens aériens et terrestres pour neutraliser les assaillants, « qui se sont enfuis avant l’arrivée des troupes ».
« Un règlement de compte »
Mais selon le chercheur à l’Institut d’études de sécurité, William Assanvo, cette attaque contre des populations civiles : « C’est nouveau, c’est inhabituel. » Il pourrait s’agir de groupes djihadistes comme il pourrait s’agir d’une « simple attaque de représailles entre communautés ».
Une source gouvernementale jointe par l’Agence France-Presse évoque également un « règlement de compte » contre « des personnes soupçonnées d’apporter du soutien aux Volontaire pour la défense de la patrie burkinabé [VDP] » – qui sont des supplétifs civils de l’armée du Burkina Faso déployés pour lutter contre les djihadistes. Ils sont accusés de commettre des exactions contre des civils, en particulier contre la communauté peule, stigmatisée.
La Côte d’Ivoire tente d’endiguer la propagation des groupes djihadistes actifs au Sahel. « La Côte d’Ivoire fait face à beaucoup de défis, que ce soit en matière de terrorisme, en matière de grande criminalité, en matière de cybercriminalité, d’orpaillage illégal. Face à tous ces défis, l’armée de Côte d’Ivoire est déployée et fait face (…) », avait dit le ministre de la défense, Téné Birahima Ouattara, à la mi-août. « La situation est préoccupante mais sous contrôle », avait-il ajouté, dans une interview au quotidien public Fraternité Matin.
Outre sa réponse militaire, en coopération avec des partenaires internationaux comme la France, l’Etat ivoirien a également lancé un grand programme social pour les populations jeunes du nord, afin de les dissuader de rejoindre les groupes armés.
Zone poreuse
Le 13 mars 2016, la Côte d’Ivoire avait été pour la première fois endeuillée par une attaque djihadiste à Grand-Bassam, qui avait fait 19 morts. Le nord de la Côte d’Ivoire avait été frappé en juin 2020 lors d’une attaque qui avait fait 14 morts au sein de l’armée à Kafolo. Deux autres soldats avaient été tués en mars 2021. Elles avaient toutes été attribuées à des djihadistes. Les djihadistes et les VDP s’affrontent parfois à seulement quelques kilomètres de la frontière ivoirienne, une zone poreuse et mal délimitée où pullulent également divers trafics.
Les Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) poursuivent activement leurs investigations pour identifier les auteurs et comprendre les motivations de l’attaque armée qui a visé le village de Difita, dans le département de Téhini.
Dans un communiqué publié lundi 25 août 2025, l’État-major général des Armées indique que le village de Difita, situé dans le département de Téhini au Nord-Est de la Côte d’Ivoire, a été la cible d’une violente attaque perpétrée dans la nuit de dimanche à lundi par des individus armés non identifiés, faisant comme bilan quatre personnes tuées, un habitant porté disparu, une femme grièvement brûlée, actuellement prise en charge par les services médicaux, plusieurs cases incendiées, du bétail dérobé et des engins de locomotion détruits, incendiés ou emportés.
Alertées de l’attaque, les forces de la Zone opérationnelle nord ont immédiatement mobilisé des moyens aériens et terrestres pour porter secours aux populations et neutraliser les assaillants qui ont toutefois pris la fuite avant l’arrivée des troupes sur les lieux.
L’État-major général des Armées invite les populations à garder leur calme et à collaborer avec les forces de sécurité, tout en les assurant de sa détermination inébranlable à assurer leur protection.
Le chef d’État-major général des Armées, le général de corps d’armée Lassina Doumbia, a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.
AFP