Selon ses explications, l’agresseur serait arrivé dans le village dès le lundi 15 décembre. Profitant du calme et des habitudes locales, il aurait escaladé la clôture de la maison du directeur et passé la nuit dans sa voiture, stationnée dans la cour. « Comme nous sommes dans un village, je n’ai pas l’habitude de fermer ma voiture à clé », confie-t-il. L’individu, d’après ses propres aveux, cherchait simplement un endroit où se reposer.
Le mardi matin, Marcellin Kouassi se rend normalement à l’école après avoir laissé à la maison une amie venue lui rendre visite. Celle-ci s’occupe du ménage avant d’entendre des bruits suspects dans la cour. En sortant, elle se retrouve face à un homme armé. Prise de panique, elle se réfugie à l’intérieur et appelle immédiatement le directeur à l’aide.
Alerté, celui-ci revient précipitamment. Un élève l’accompagne pour escalader le portail resté fermé. Une fois à l’intérieur, il fouille la cour. C’est près du garage qu’il tombe nez à nez avec l’inconnu, armé d’une machette et d’une barre de fer. Face à lui, le directeur n’a qu’un manche à balai pour se défendre.
L’agression est immédiate. L’assaillant lance la machette, que Marcellin Kouassi parvient à esquiver avant de tenter de riposter. Le manche se casse. S’ensuit une lutte violente. L’homme sort alors un couteau et tente à plusieurs reprises de le poignarder. Puis il se saisit de la barre de fer et lui assène plusieurs coups.
« À un moment, il a essayé de m’arracher les yeux avec ses doigts », raconte le directeur, encore sous le choc. Par réflexe de survie, il mord violemment les doigts de son agresseur. Profitant de ce moment, il s’empare d’un morceau de bois et frappe. L’assaillant tente de prendre la fuite, chute, et est finalement maîtrisé par des riverains accourus après les cris.
L’homme, qui n’est pas originaire d’Eticoon, aurait déclaré venir de Divo. Il a été remis à la gendarmerie. Fait troublant, un instituteur de la localité a reconnu l’avoir transporté à moto la veille au soir, après que celui-ci lui eut demandé de l’aide pour se rapprocher de Tiassalé.
Marcellin Kouassi souffre de plusieurs blessures : coups au nez, plaie au-dessus de l’œil gauche, blessure à la nuque, coup de couteau à la paume de la main, sans compter de nombreuses égratignures sur le corps. « J’ai surtout mal à la mâchoire », précise-t-il, justifiant son déplacement à Abidjan pour des soins approfondis. Après l’agression, les cours ont été suspendus et un rapport a été transmis à l’inspection. La reprise est prévue pour le jeudi 18 décembre.
Aujourd’hui, le directeur se dit inquiet, sans être paralysé par la peur. « S’il était venu pour voler, il aurait pu repartir tranquillement. Mais il avait une autre intention. » Il lance surtout un appel aux communautés villageoises : « Les parents doivent mettre l’accent sur la sécurité des enseignants. Leur protection peut freiner ces agressions. » Un message fort, à la hauteur du traumatisme vécu.
A.KONE