“Il n’y a pas eu de miracle”, constate le quotidien italien Il Fatto Quotidiano. Réunis vendredi 19 décembre au matin, les sept députés et sept sénateurs de la commission mixte paritaire (CMP) n’ont pas réussi à s’entendre sur un texte de compromis pour le projet de loi de finances (PLF).
Résultat, “l’adoption d’un budget pour 2026 dans les temps est désormais impossible”, commente le quotidien suisse Le Temps. Le gouvernement “devrait donc faire valider en début de semaine prochaine une ‘loi spéciale’ permettant de prolonger les principes du budget 2025”, et ce “le temps que les parlementaires se mettent d’accord”.
“Je le regrette et nos concitoyens ne méritent pas d’en subir les conséquences”, a déploré le Premier ministre, Sébastien Lecornu, sur le réseau social X, avant de préciser qu’il réunira “à partir de lundi [22 décembre] les principaux responsables politiques pour les consulter sur la marche à suivre pour protéger les Français et trouver les conditions d’une solution”.
Un air de déjà-vu par rapport à l’an dernier, et une mauvaise nouvelle pour le chef du gouvernement, qui “avait averti [début décembre] que ne pas adopter de budget avant la fin de l’année constituait un ‘danger’ pour l’économie française, rappelle Politico Europe, qui souligne que “les marchés surveillent la France avec inquiétude”. Et le média d’ajouter que si cette loi spéciale “permettra d’éviter un shutdown à l’américaine, elle ne contribuera en rien à réduire le déficit budgétaire, qui devrait atteindre cette année 5,4 % du produit intérieur brut”.
“Paris pourrait payer cher ce désaccord”, met en garde Il Fatto Quotidiano, qui écrit que “l’année dernière, le gouvernement avait estimé à 12 milliards d’euros le coût de l’absence d’une loi de finances au cours des premières semaines” de 2025. Le journal romain cite également le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui a estimé sur France Inter que la loi spéciale “conduirait à un déficit nettement supérieur à ce qui est souhaitable”
Pour El País, l’échec sur le budget est tout simplement “le pire des scénarios” pour la France. Cette dernière, avec sa dette à 117 % du produit intérieur brut – qui fait partie “des plus élevées de la zone euro”, relève le journal espagnol –, “se retrouve ainsi à nouveau au bord du gouffre de la crise politique, dont elle tente de sortir depuis un an”. Une période marquée par une instabilité gouvernementale incessante, mais aussi par la “profonde division” de l’Assemblée nationale.
J.F.PAGNI