Azo Kodié, président des Ivoiriens de Delaware Valley, dénonce un nombre de billets largement insuffisant et appelle les autorités ivoiriennes à trouver des solutions pour permettre aux supporters d’être aux côtés de leur équipe national.
Selon Azo Kodié, l’un des premiers défis a consisté à fédérer les différents groupes de soutien qui s’étaient constitués spontanément après la qualification de la Côte d’Ivoire pour le Mondial. « Au départ, plusieurs groupes s’étaient organisés de manière indépendante et certains se présentaient même comme responsables du comité d’organisation. Nous avons travaillé avec le Consulat général de Côte d’Ivoire à New York et l’ambassade de Côte d’Ivoire aux États-Unis afin de coordonner les actions et rassembler toutes les énergies autour d’un objectif commun : soutenir les Éléphants », explique-t-il. Cette coordination a permis de mettre en place une organisation plus structurée à quelques jours des rencontres de la sélection ivoirienne.
Malgré cette mobilisation, la question des billets demeure la principale source de mécontentement. D’après Azo Kodié, les autorités diplomatiques ivoiriennes elles-mêmes reconnaissent les difficultés rencontrées. Lors d’échanges avec l’ambassadeur de Côte d’Ivoire aux États-Unis et le président de la Fédération ivoirienne de football, il lui a été indiqué que le contingent de billets mis à disposition de la Côte d’Ivoire était particulièrement limité.« L’ambassade a reçu 40 billets destinés au comité d’organisation ainsi qu’un peu plus de 100 billets pour les deux matchs. Ces quotas incluent également le personnel diplomatique. C’est largement insuffisant », regrette-t-il.
Face à la forte demande, un tirage au sort a même été organisé pour attribuer les premiers billets disponibles. Mais pour la communauté ivoirienne dispersée dans les cinquante États américains, le nombre de places reste dérisoire. « Rien que pour la région de Philadelphie, cent billets ne représentent presque rien. Beaucoup de personnes qui se sont mobilisées depuis des mois n’ont finalement pas obtenu de ticket », souligne-t-il.
Des fan zones pour pallier l’absence au stade
Faute de pouvoir accueillir tous les supporters dans les tribunes, les responsables associatifs ont mis en place plusieurs fan zones afin de permettre à la communauté ivoirienne de vivre les rencontres ensemble. Une première fan zone a été aménagée à proximité de l’hôtel qui héberge la sélection ivoirienne grâce au soutien des autorités de l’État du Delaware. Une seconde a été installée dans le nord de Philadelphie, avec une capacité d’accueil d’environ 300 personnes, un écran géant et un dispositif de sonorisation adapté.
Pour Azo Kodié, ces espaces constituent une solution de substitution, mais ne remplacent pas la présence des supporters au stade. « Les joueurs auraient aimé entendre leurs compatriotes dans les tribunes, ressentir cette ambiance et ce soutien. Malheureusement, beaucoup d’Ivoiriens ne pourront pas être présents en raison du manque de billets et de leur coût élevé », déplore-t-il.
Un appel aux autorités ivoiriennes
Le responsable communautaire appelle désormais les autorités ivoiriennes à trouver rapidement des solutions afin de faciliter l’accès des supporters aux rencontres. « Nous allons continuer à mobiliser. Nous espérons que l’administration ivoirienne fera les efforts nécessaires pour permettre à davantage d’Ivoiriens d’accompagner les Éléphants », affirme-t-il.
Au-delà de la quantité de billets disponibles, Azo Kodié pointe également leur prix, jugé prohibitif pour de nombreux supporters. « Dans certains cas, les billets proposés aux supporters ivoiriens atteignent 500 à 600 dollars, voire davantage. C’est un montant difficilement accessible pour beaucoup de familles. D’autres sélections, comme le Sénégal, ont réussi à proposer des tarifs autour de 60 dollars à leurs supporters. C’est une piste qui mérite d’être étudiée », estime-t-il.
Pour lui, une meilleure concertation entre les autorités sportives ivoiriennes et les associations de la diaspora aurait permis d’anticiper ces difficultés. Alors que les Éléphants s’apprêtent à défendre les couleurs nationales sur la scène mondiale, la diaspora ivoirienne espère encore voir émerger des solutions afin que les tribunes reflètent pleinement l’engouement suscité par l’équipe nationale à travers les États-Unis.
Axel KONE