Dans un communiqué publié ce jeudi 18 juin, l’ancien chef de l’État exprime sa solidarité aux populations touchées et appelle les autorités à mettre en place des mesures d’urgence pour les milliers de personnes privées de logement.
Le référent politique du PPA-CI dit avoir suivi avec « une profonde tristesse » les événements survenus dans ce quartier populaire de Koumassi. Il évoque le sort de « centaines » de familles qui se retrouvent aujourd’hui « sans toit, sans repères » et confrontées à l’incertitude. Il dit penser particulièrement aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées affectés par cette situation.
Cette prise de position intervient alors que l’affaire continue de susciter une vive émotion dans l’opinion. Le quartier Houphouët-Boigny, plus connu sous le nom de Campement, a été rasé le 3 juin dernier.
Selon les conclusions préliminaires du parquet d’Abidjan, l’opération aurait été menée de manière illégale par un opérateur économique privé, Jacques Alloui Brou, qui fait désormais l’objet d’un mandat de recherche.
Dans son communiqué, Laurent Gbagbo souligne que les informations révélées ces derniers jours soulèvent « de nombreuses interrogations ». Il rappelle toutefois qu’une enquête judiciaire est en cours et indique qu’il ne souhaite pas préjuger de ses conclusions.
L’ancien président estime néanmoins que « les souffrances des populations sont, elles, bien réelles aujourd’hui ». Pour lui, l’État doit intervenir rapidement afin d’apporter une réponse humanitaire aux victimes. Il demande ainsi la mise en place d’un dispositif d’hébergement provisoire pour accueillir les sinistrés dans des conditions décentes. Il cite notamment l’exemple de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), utilisé durant la pandémie de Covid-19 pour héberger temporairement des personnes confrontées à une situation exceptionnelle.
Au-delà de l’urgence, Laurent Gbagbo plaide pour une solution durable. Il appelle les autorités à procéder au nettoyage, à la sécurisation et à l’aménagement du site afin de permettre le retour des habitants. Il propose également la construction de logements préfabriqués destinés à accueillir les familles en attendant des solutions définitives. « Elles ne demandent pas la charité. Elles demandent simplement justice », insiste-t-il en parlant des populations concernées.
Le président du PPA-CI va plus loin. Si les responsabilités évoquées dans l’enquête venaient à être confirmées, il estime que les victimes devront bénéficier d’une réparation intégrale pour les préjudices matériels et humains subis.
Notons que la HABG a annoncé ce jeudi l’ouverture d’une enquête pour déterminer d’éventuelles responsabilités d’agents publics dans l’affaire du déguerpissement de Koumassi Campement. Elle examinera notamment de possibles faits de corruption, d’abus de fonction ou de conflit d’intérêts. Cette procédure s’ajoute à l’enquête judiciaire déjà menée par le parquet d’Abidjan, tandis que Jacques Brou Alloui, visé par un mandat de recherche, reste introuvable.
Axel KONE