Avec trois victoires et deux défaites, le parcours des Ivoiriennes a alterné entre promesses et regrets. L’élimination en quarts de finale contre le Sénégal (60-66), puis la défaite face au Cameroun lors du match de classement (83-68), ont éloigné l’équipe de son objectif initial : une place sur le podium. Mais la réaction d’orgueil contre l’Ouganda a permis de clore le tournoi avec dignité. Pour le sélectionneur Stéphane Leite, cette 7e place reste encourageante : « L’objectif de figurer sur le podium n’a pas été atteint, mais on peut se réjouir de cette 7e place. C’est une nette progression par rapport à la 11e place obtenue lors du précédent Afrobasket », a-t-il confié après le match.
Au-delà des résultats bruts, c’est l’émergence d’un groupe jeune et ambitieux qui retient l’attention. Le président de la Fédération ivoirienne de basketball (Fibb), Moussa Diarra, l’a souligné avec conviction. « L’objectif n’a pas été atteint. Mais il ne faut pas tout effacer du revers de la main. Les motifs d’espoir pour cette équipe sont nombreux. Plusieurs de nos joueuses ont eu des problèmes administratifs qu’on est en train de régler. Aussi, quand je regarde Kaiser (Molly) que les Ivoiriens découvrent, elle a 21 ans, Fatou Diakité (21 ans), Blé Marlène (20 ans), Sahie Laetitia (23 ans) », a-t-il fait remarquer, et de préciser : « On a une équipe très jeune. L’Afrobasket, c’est chaque deux ans, on a le temps de nous préparer au mieux… Pour paraphraser le bâtisseur de la Côte d’Ivoire (Félix Houphouët Boigny), nos filles sont encore des éléphanteaux (…). On a encore de la marge de progression. Nous étions 11e en 2023. Là nous avons montré qu’il va falloir compter sur nous dans les années à venir. On a une profondeur de banc qu’on va récupérer pour les prochaines compétitions. L’équipe a montré dans cet Afrobasket qu’elle est présente. Maintenant, il faut jouer les premiers rôles. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. On doit être prêt ». Pour lui surtout « On ne doit plus se contenter de viser le podium. Il faut maintenant assumer l’ambition du titre. Nous en avons les moyens et la jeunesse pour y arriver ».
Hormis Kariata Diaby et Djefarima Diawara, aucune joueuse de l’effectif ne dépasse les 26 ans. Cette jeunesse représente à la fois une marge de progression énorme et un socle solide sur lequel bâtir une équipe compétitive à long terme.
Capitaine exemplaire et Mvp 2025 de la Boulangère Wonderligue en France, Kariata Diaby veut croire en l’avenir. « Nous souhaitions de tout cœur être sur le podium dans notre Afrobasket à Abidjan. Mais les choses ne se sont pas passées comme souhaité. Mais nous avons tiré des leçons. Aujourd’hui, nous sommes passées d’une équipe peu influente à une nation qu’on craint un peu sur le continent. J’ai foi que dans 2 ans, nous pourrons atteindre notre objectif et je serai présente », a-t-elle confié.
L’organisation réussie de cet Afrobasket à domicile a aussi montré la capacité de la Côte d’Ivoire à répondre présente sur la scène continentale, sur le terrain comme en dehors. Avec le soutien de l’État, des partenaires et d’un public enthousiaste, les fondations sont en place pour bâtir une équipe capable de jouer les premiers rôles à l’horizon 2027 et au-delà. Les Éléphantes ne sont plus des outsiders. Elles sont en train de devenir un sérieux prétendant au sommet du basketball africain féminin.
A.KONE