immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques, à documenter les violations des droits humains, soutenir les familles des détenus et mobiliser organisations nationales et internationales.
Le PPA-CI justifie cette démarche par ce qu’il qualifie d’injustices persistantes et de détentions à caractère politique dans le pays. « À travers cette initiative, le PPA CI réaffirme son engagement constant en faveur des libertés publiques de la défense des droits humain et du soutien indéfectible aux prisonniers d’opinion, ainsi qu’à leur famille », affirme Ousmane Sy Savané, président de la Commission Communication et Organisation des Manifestations du parti. L’initiative entend également installer la question des libertés publiques au centre du débat national et rappeler au gouvernement ses responsabilités.
Cette action s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par la réélection d’Alassane Ouattara le 25 octobre 2025 lors d’un scrutin émaillé de violences ayant fait 11 morts et plus de 1 600 interpellations. Depuis l’annonce de la candidature du président à un quatrième mandat en juillet dernier, des manifestations interdites avaient entraîné l’arrestation de plus de 700 personnes et la condamnation de dizaines d’autres. Certains acteurs politiques dénoncent une normalisation des détentions à caractère politique, malgré les appels au dialogue de diverses parties prenantes.
Le PPA-CI souligne que l’ILPO combinera communication publique, plaidoyer juridique et mobilisation militante. Le parti appelle les médias, la société civile, les ONG de défense des droits humains et « toutes les personnes attachées à la liberté et à la justice » à participer massivement à la cérémonie de lancement. Aucune précision n’a été donnée sur la suite des actions envisagées ni sur leur calendrier.
Le gouvernement, pour sa part, rejette l’existence de prisonniers politiques et affirme que les interpellations répondent à des infractions prévues par le Code pénal, insistant sur la nécessité de maintenir l’ordre public. Les autorités ivoiriennes n’ont pas réagi à l’annonce de l’ILPO.
Depuis son retour en Côte d’Ivoire en juin 2021, Laurent Gbagbo a régulièrement placé la question des libertés politiques au cœur de son discours, tout en réclamant l’apaisement du climat socio-politique. La présence de l’ancien président à cette cérémonie revêt une dimension symbolique forte pour le parti, à quelques semaines des élections législatives prévues le 27 décembre 2025, qu’il a appelées à boycotter.
Enfin, l’ILPO intervient alors que plusieurs opposants, militants et cadres politiques continuent de faire face à des procédures judiciaires, certains en détention préventive, d’autres sous contrôle judiciaire. Des familles ont multiplié les appels à une médiation politique pour favoriser des libérations, jusqu’ici sans effet notable. L’initiative du PPA-CI apparaît donc comme une démarche politique majeure, destinée à attirer l’attention sur les libertés publiques et à mobiliser la société autour de cette question.
Axel KONE