L’émissaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) est allé solliciter les conseils du chef de l’exécutif ivoirien et recueillir ses orientations avant le début officiel de sa mission au sein de l’Alliance des États du Sahel.
Au terme des échanges avec son hôte, le médiateur de la CEDEAO indique avoir échangé de la « façon la plus sincère » avec le chef de l’exécutif ivoirien. « Comme vous le savez, le 25 mars dernier, j’ai été désigné comme négociateur dans les pays de l’AES. Dans les jours qui viennent, je serai là-bas et j’ai échangé de la façon la plus sincère avec le président de la République », a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.
Au cœur des échanges entre le président Alassane Ouattara et son hôte de la CEDEAO, la crise née du retrait des pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali de l’organisation sous régionale en vue de la création de l’AES. « Le Président se pose des questions : pourquoi tout cela alors que ce n’est pas nécessaire ? Pourquoi décider de créer l’AES et de quitter la CEDEAO ? », a rapporté Lansana Kouyaté.
Selon ses dires, le président Alassane Ouattara continue de s’interroger sur les motivations d’une telle rupture. Partageant les interrogations du chef de l’exécutif ivoirien, Lansana Kouyaté espère que des éclaircissements pourraient émerger au fil des échanges avec les autorités des pays concernés. » Peut-être que la compréhension viendra lorsque je m’y rendrai « , a-t-il ajouté, affichant une volonté d’écoute et de dialogue.
Lansana Kouyaté a par ailleurs insisté sur l’objectif principal de sa mission : favoriser un rapprochement entre les parties. Il a évoqué la possibilité de corriger les incompréhensions à l’origine de la crise. » Une erreur commise, reconnue d’une façon ou d’une autre, peut être rattrapée « , a-t-il affirmé, traduisant l’espoir d’une issue négociée.
Selon lui, cette volonté est partagée par les différents acteurs impliqués. » C’est le souhait du Président, c’est le mien et celui de la CEDEAO « , a-t-il déclaré, laissant entrevoir une convergence de vues en faveur d’un retour au dialogue.
La mission du médiateur intervient dans un contexte de fortes tensions entre la CEDEAO et les pays de l’AES. Cette partie de la sous-région ouest-africaine fait face depuis quelques années à des attaques meurtrières émanant de groupes armés de terroristes affiliés à Al-Qaïda.
La dernière en date est celle survenue au Mali, oùle Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), et leur allié du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont mené des attaques coordonnées coûtant la vie à de nombreux civils et militaires dont le ministre de la Défense, Sadio Camara.
Eeric KOUAKOU