Cette orientation a été réaffirmée lors d’un séminaire national sur l’harmonisation et le renforcement du dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal, qui se tient sous l’égide du CNS, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le ministère des Mines.
La rencontre de deux jours réunit les ministres de l’Environnement et de la Transition écologique; des Eaux et Forêts; et de la Justice, ainsi que des représentants des administrations centrales et déconcentrées de l’Etat, des autorités préfectorales, des Forces de défense et de sécurité, des services techniques, des collectivités territoriales et des autorités traditionnelles. Les organisations professionnelles du secteur minier et les autres structures engagées dans la lutte contre l’orpaillage illégal y ont également pris part.
Les travaux ont permis dans un premier temps de dresser le bilan des actions conduites par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) et la Brigade de répression des infractions au Code minier (BRICM). De juillet 2021 à juillet 2026, plus de mille sites colonisés ou recolonisés ont été déguerpis au cours de près de 8 500 opérations. Ces interventions ont conduit au déferrement de 4 474 individus et à la saisie d’environ 136 kilogrammes d’or, de plus de 960 millions de francs CFA, de 236 pelleteuses et de nombreux autres équipements.
Face à la persistance et à la complexification du phénomène, le CNS entend désormais franchir une nouvelle étape en privilégiant une riposte davantage coordonnée et territorialisée. Le corps préfectoral est appelé à occuper une place centrale dans le dispositif, notamment à travers la coordination et le suivi des actions dans les différentes circonscriptions administratives. Les Comités départementaux de sécurité devront ainsi être davantage mobilisés pour assurer le suivi de la situation, analyser les informations disponibles et coordonner les interventions. Les autorités préfectorales devront également renforcer l’articulation entre les forces de défense et de sécurité, les services techniques, les collectivités et les communautés locales.
Le dispositif prévoit par ailleurs une implication accrue des populations dans la prévention et l’alerte. Les cellules civilo-militaires devront notamment favoriser la remontée rapide de l’information, le dialogue avec les communautés et la prévention des tensions liées aux opérations de lutte. Le CNS préconise également un suivi régulier des sites déjà déguerpis ou réhabilités afin d’éviter leur recolonisation, ainsi qu’un renforcement du renseignement, de la sensibilisation et de la coordination opérationnelle entre les différents acteurs.
A travers ces orientations, l’Etat entend préserver les populations, protéger l’environnement et les ressources naturelles, sécuriser les activités économiques et faire respecter les lois et règlements de la République, avec une réponse désormais présentée comme collective, permanente, coordonnée et déterminée contre toute forme d’orpaillage illégal.
Axel KONE