Le Secrétaire exécutif du RHDP et ministre-gouverneur recevait initialement les acteurs de la presse et autres communicants pour une cérémonie de gratitude liée à la couverture des dernières échéances électorales. Mais face aux caméras, à l’issue de cette rencontre, la question sensible de l’état de santé d’Alassane Ouattara s’est rapidement imposée.
Depuis son récent séjour privé en France, fin mars, la toile ivoirienne s’est embrasée. Vidéos truquées, théories du complot…, certains cyber activistes, basés en Europe et dans les pays voisins, ont été jusqu’à annoncer le décès du dirigeant ivoirien, allant même jusqu’à prétendre que ses récentes apparitions publiques seraient le fruit d’une Intelligence Artificielle.
« L’âge n’est pas un handicap »
Visiblement agacé par ces spéculations, Cissé Bacongo n’a pas mâché ses mots. Pour lui, s’en prendre à la personne physique du Président est une erreur de jugement. « Le président de la République n’est pas un citoyen lambda. Le président de la République est en lui seul une institution », a-t-il rappelé.
À 84 ans, Alassane Ouattara affiche pourtant un agenda chargé, tenant jusqu’à quatre réunions par semaine. Un rythme que le Secrétaire Exécutif met en avant pour calmer les esprits. « L’âge n’est pas une pathologie. L’âge n’est pas un handicap. L’âge est un état. Le président de la République a 84 ans. Dieu merci, il les porte à merveille. Il les porte très très très bien et il se porte très très bien », a-t-il martelé devant la presse.
Au-delà du bulletin de santé, le RHDP y voit une manœuvre politique désespérée. En ciblant « une certaine opposition », sans toutefois nommer de parti précis, le Ministre Gouverneur estime que ces rumeurs traduisent un manque de projet concret pour la Côte d’Ivoire. « Ce que je retiens, c’est l’aveu d’impuissance dont fait preuve une certaine opposition. Tout a été tenté avant les élections, tout a été tenté pendant la campagne. Hélas pour eux, ils ont échoué parce qu’il ne pouvait pas en être autrement », a-t-il analysé.
Pour le cadre du parti au pouvoir, le peuple ivoirien est aujourd’hui plus difficile à manipuler. Citant les jeunes du quartier Divo à Koumassi, il a souligné que les citoyens « écoutent et touchent avant de décider ». En clair, le débat politique doit se faire sur les faits, non sur des fantasmes morbides.
Fait notable, cette levée de boucliers du camp présidentiel trouve un écho inattendu du côté du PPA-CI. Bien que farouche opposant, le parti de Laurent Gbagbo a tenu à se désolidariser des activistes les plus radicaux. Justin Katinan Koné avait déjà qualifié ce débat d’« indécent » quelques jours plus tôt. « Nous au PPA-CI, on ne veut pas que quelqu’un meurt, on veut l’affronter », avait-il déclaré.
E.KOUAKOU