Lundi 13 octobre 2025, dans un message diffusé sur la page Facebook du PDCI-RDA, l’ancien ministre du Plan a exprimé sa profonde tristesse face aux scènes de répression qui ont marqué cette manifestation organisée pour dénoncer le quatrième mandat jugé illégal du président Alassane Ouattara et réclamer des élections inclusives, transparentes et apaisées.
« C’est profondément regrettable »
« Nous avons attendu 2025 avec l’espoir de débattre d’idées et de projets pour la Côte d’Ivoire. Au lieu de cela, nous voyons des bastonnades, des gaz lacrymogènes et des arrestations. C’est profondément regrettable », a-t-il déclaré. Tidjane Thiam a tenu à exprimer sa solidarité envers les familles des 250 militants de l’opposition interpellés lors de la marche, évoquant notamment le cas de deux militantes du PDCI, Djeneba Soumahoro et Anzata Chérif, « arrêtées pour avoir simplement parlé à la presse étrangère ».
Selon lui, la dérive actuelle est d’autant plus incompréhensible que les précédentes manifestations de l’opposition-celles du 14 juin et du 9 août- s’étaient déroulées dans le calme et la discipline. « Pourquoi soudain un tel déchaînement de violence ? La cause se trouve dans l’interdiction même de la marche. Interdire à des citoyens de manifester pacifiquement, c’est créer les conditions du désordre », a-t-il affirmé en substance, non sans dénoncer une restriction injustifiée des libertés fondamentales.
« On n’essaie de se protéger contre je ne sais quel danger. Dans un pays ou l’opposition s’est comporté de façon légaliste, responsable, calme. Pourquoi créer un climat ou on interdit aux uns et aux autres d’exercer une liberté fondamentale qui est celle de manifester pacifiquement. C’est malheureux », a-t-il argué.
Tidjane Thiam a également remis en cause l’usage du terme “houphouëtisme” dont se réclame le pouvoir actuel. « L’houphouëtisme, ce n’est pas se recueillir sur la tombe du président Houphouët-Boigny. C’est faire vivre ses valeurs : la paix, le dialogue et l’amour du prochain. Rien de cela n’est compatible avec les bastonnades et la répression », a-t-il martelé.
« Garder espoir »
Cette sortie de l’ancien CEO du Crédit Suisse intervient dans un contexte socio-politique tendu à l’approche de la présidentielle. Plusieurs leaders politiques ont vu leurs dossiers de candidatures invalidés. Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo ont été recalés en raison de leur absence de la liste électorale suite à des décisions de justice.
Pascal Affi N’guessan, Assalé Tiémoko, Vincent Toh Bi et bien d’autres ont été éliminés de la course pour « insuffisance de parrainages ». Évoquant la crise politique née de l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition, le président du PDCI-RDA a dénoncé une élection « vidée de son sens démocratique ». Il a exhorté toutefois l’ensemble des ivoiriens à garder espoir d’un changement démocratique en Côte d’Ivoire.
« Ce n’est pas ma personne qui compte, mais l’espoir. L’espoir d’une Côte d’Ivoire réconciliée, où la justice est impartiale et où chaque citoyen peut s’exprimer librement. Cette Côte d’Ivoire est possible, et elle sera », a-t-il conclu, exhortant les Ivoiriens à rester debout face à l’adversité et à refuser la résignation.
E.KOUAKOU