Cette rencontre, couplée à la célébration des 50 ans de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), a réuni des acteurs de la filière, des responsables d’organisations internationales et des chercheurs autour des perspectives de développement d’une industrie confrontée à de nouveaux défis. La conférence inaugurale, consacrée à la « Genèse et création de l’APROMAC », a été prononcée par Dominique Mapri Kpolo, premier secrétaire général de l’organisation. Elle a permis de revenir sur les origines de la filière hévéa et la mise en place de l’association, à l’occasion de son cinquantenaire.
Les communications suivantes ont porté sur la contribution de l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (ANRPC) au développement durable de l’industrie dans ses pays membres, présentée par son secrétaire général, Dr Suttipong Angthong, ainsi que sur l’évolution institutionnelle, les programmes et les avancées scientifiques de l’International Rubber Research and Development Board (IRRDB), exposés par son secrétaire général adjoint, Dr Wan Abdul Raham. Les discussions se sont poursuivies autour d’un panel sur le thème « La filière hévéa de Côte d’Ivoire : de l’enjeu de l’approvisionnement des usines de première transformation à la valorisation des produits de l’hévéa », modéré par la directrice de la recherche au Centre national de recherche agronomique (CNRA), Dr Louise Modeste Akanvou.
Le président du conseil d’administration de l’Association des usiniers producteurs de caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (AUPCN), Lamine Sanogo, a expliqué que l’expansion de la production depuis 2016 avait conduit à une augmentation importante des capacités industrielles, grâce notamment à l’arrivée de nouveaux investisseurs. Cette évolution fait désormais de la disponibilité de la matière première un enjeu majeur pour les unités de transformation.
Pour répondre à ce besoin, il a appelé à renforcer la production agricole et à améliorer les conditions d’exploitation des usines, tout en encourageant la filière à passer progressivement de la première à la deuxième transformation.
L’administrateur du Programme d’urgence de renouvellement et d’extension du verger hévéicole (PURE), Sahifo Gbo, a pour sa part présenté le programme lancé en 2025, qui ambitionne de renouveler et d’étendre les plantations sur 500 000 hectares d’ici 2035, soit 50 000 hectares par an. Il repose sur le remplacement des plantations en fin de vie économique et l’extension de la culture dans des zones situées au-delà du septième parallèle. Représentant le directeur général du Conseil hévéa-palmier à huile-coco (CHPC), Edmond Coulibaly, Nianzou Herman a insisté sur trois priorités : garantir un prix rémunérateur aux producteurs, rétablir l’équilibre entre la production agricole et les capacités industrielles, et favoriser la création de valeur ajoutée par la valorisation des sous-produits et la seconde transformation.
Le représentant du CNRA, Michel Amani Kouakou, a évoqué le rôle de la recherche dans la mise au point de nouveaux clones adaptés aux besoins de l’industrie et aux évolutions climatiques. Il a également présenté les perspectives liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle et des drones pour la surveillance sanitaire des plantations, ainsi qu’à la transformation des graines d’hévéa en biodiesel, huile et savon.
Au terme des échanges, les intervenants ont souligné la nécessité de mieux articuler les investissements agricoles, les capacités industrielles et les efforts de recherche pour consolider la compétitivité et la durabilité de la filière ivoirienne du caoutchouc naturel.
E.KOUAKOU