Mais la gauche met la pression, et les Insoumis accusent le chef de l’État de « coup de force institutionnel ». Ils lui demandent de « tenir compte » du résultat des élections législatives.
Dans un texte paru samedi soir, le parti de Jean-Luc Mélenchon va même plus loin en brandissant la menace d’une procédure de destitution à l’égard du chef de l’État. Une initiative avec laquelle les socialistes, les écologistes et les communistes ont pris leur distance, redoutant que cela amoindrisse les chances de la gauche de gouverner. Une nouvelle fracture au sein du NFP, qui espère encore que Lucie Castets soit choisie pour Matignon. Si celle-ci sera reçu vendredi à l’Élysée, elle ne semble toutefois pas convaincre le Président de la République.
Pendant ce temps, le gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal est toujours en poste. Tandis que le Premier Ministre a été souvent vu dans les tribunes des Jeux olympiques, d’autres comme Gérald Darmanin semblent toujours bien actif. Le ministre de L’intérieur s’est déplacé aujourd’hui dans l’Hérault où un incendie a ravagé plus de 350 hectares. De son côté, Bruno Le Maire s’attache à « garantir la continuité de l’État et l’équilibre des finances publiques ». Il propose une baisse des dépenses de l’État de 5 milliards d’euros en 2025 pour respecter la trajectoire de réduction du déficit.
Dans ce contexte d’incertitude politique, l’alliage du Nouveau Front Populaire ne cesse de se diviser. C dans l’air est allé à la rencontre de la socialiste Hélène Geoffroy, ancienne ministre de François Hollande, pour qui la stratégie actuelle du Nouveau Front Populaire « n’incarne pas la gauche de gouvernement ». De son côté, le député NFP Laurent Baumel estime qu’il faut « faire bloc » autour de cette alliance, et continue à défendre son programme de gauche « réaliste et finançable ».
De leur côté, après s’être murées dans le silence face au risque RN, les organisations de chefs d’entreprise aussi mettent la pression sur l’Élysée pour maintenir une politique économique toujours plus libérale. Certaines avancent le nom de Jean-Dominique Senard (Renault) pour Matignon.
Ce vendredi 23 août, Emmanuel Macron recevra les chefs de parti et de groupes de députés du Nouveau Front populaire (NFP). La gauche parlementaire demandera, une nouvelle fois au chef de l’État, la nomination de Lucie Castets comme première ministre.
Mais, ce même jour, l’Insee doit publier sa note d’indicateurs de climat des affaires et de retournement conjoncturel. La précédente, réalisée durant les législatives anticipées, montrait une défiance des chefs d’entreprise : en chute de 5 points depuis ces dernières, le climat des affaires était en juillet à son plus bas niveau depuis février 2021, au cœur de la crise Covid. François Asselin, de la CMPE (Confédération des petites et moyennes entreprises), expliquait alors que la France pourrait perdre un troisième trimestre de croissance.