Un point de crispation reste la règle de la Fiba sur les joueurs binationaux, communément appelés « étoilés ». Cette règle indique que même si un basketteur a deux parents ivoiriens, il doit prouver des liens solides (: passeport, CV sportif, séjours réguliers, photos de vacances, etc.) avec le pays avant ses 16 ans. Ce qui explique pourquoi des renforts de haut niveau comme Kevin Yebo, Mo Bamba ou Ismaël Kamagaté n’ont pas pu rejoindre une sélection ivoirienne. Toute chose qui a pesé lourd sur la prestation des Ivoiriens dans la compétition. Le Mali, mieux armé, a fini par éliminer les Éléphants.
Face à cette contrainte, Moussa Diarra et son équipe ont choisi de miser sur la détection et la formation des jeunes talents dès le plus bas âge. Selon lui, c’est la seule voie durable si la Côte d’Ivoire veut rester compétitif. M. Diarra a souligné que cette stratégie, déjà couronnée de succès au Sénégal et au Mali, commence à porter ses fruits en Côte d’Ivoire. Les équipes U16 filles et garçons sont qualifiées pour l’AfroBasket de la catégorie au Rwanda. Un signal fort que l’avenir pourrait être plus prometteur. D’ailleurs avant le départ des Eléphanteaux U16 filles et garçons au pays de Paul Kagame pour leur afrobasket, le président Diarra a remercié et encouragé les Responsables de centres de formation desquels ces jeunes sont issus.
«Cette saison, le championnat jeunes est monté d’un niveau. C’est grâce à l’effort de tous. Nous observons que nos adolescents ont de plus en plus de bonnes aptitudes et attitudes. Raison pour laquelle, ils iront défendre bientôt la Côte d’Ivoire. Ainsi, j’ai souhaité vous rencontrer en présentiel pour vous adresser mes encouragements », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie au Hall des Sports de Treichville mardi. La délégation U16 ivoirienne se rendra ce jeudi 28 août au Rwanda pour l’Afrobasket prévu du 2 au 14 septembre.
Sur la Bal, le président dénonce un certain déséquilibre dans l’organisation car alors que plusieurs clubs doivent passer par un parcours exigeant de trois tours de qualification, quatre équipes bénéficient d’un accès direct aux quarts de finale. Une inégalité qui, selon lui, mine l’esprit de compétition. Autre dossier majeur, les infrastructures. Moussa Diarra milite activement pour la construction d’une Arena en Côte d’Ivoire. Mais il rappelle que ce projet dépend d’abord d’une volonté politique. Même si le processus avance lentement, il promet de continuer le combat pour offrir au basket ivoirien une enceinte digne de ce nom.
Les explications du président de la Fibb permettent de mieux comprendre les défis auxquels fait face le basket ivoirien. Si les règles internationales limitent aujourd’hui les ambitions immédiates, la stratégie de long terme axée sur la jeunesse et la formation laisse entrevoir un avenir plus solide. La défaite contre le Mali a laissé un goût amer, mais Moussa Diarra est convaincu que c’est dans la difficulté qu’on construit les victoires de demain.
Eric KOUAKOU