La cérémonie d’adhésion des nouvelles recrues a eu lieu, le samedi 1er mars 2025, à l’esplanade de Kiprégogoua, dans la commune de Issia, en présence de plusieurs dignitaires houphouëtistes, dont Cissé Ibrahima Bacongo, secrétaire exécutif du Rhdp, et Mamadou Touré, coordonnateur régional principal du Rhdp dans le Haut-Sassandra. Les militants du Rhdp étaient fortement mobilisés pour cette cérémonie.
Cissé Ibrahima Bacongo (CIB) s’est adressé aux nouvelles recrues en ces termes : « Désormais, vous êtes des soldats de notre parti politique, le Rhdp. Allez investir le terrain politique ! Occupez totalement le terrain dans vos zones respectives ! Si quelqu’un vous dit que parce que Laurent Gbagbo n’est pas sur la liste électorale, il n’y aura pas d’élections en Côte d’Ivoire, dites-lui que c’est faux, ne l’écoutez pas ! Faites votre travail parce que les élections présidentielles auront lieu ».
Le secrétaire exécutif du Rhdp a fait savoir aux nouveaux militants qu’ils ont fait le « bon choix », celui du « développement ». « Vous vous êtes engagés pour la construction de la Côte d’Ivoire. La politique, ce sont des mots. La politique, c’est la parole, mais surtout, la traduction de la parole en actes concrets. La politique, c’est aussi et surtout l’amélioration des conditions de vie des populations en passant par le mieux-être des concitoyens. La Côte d’Ivoire est en chantier pas seulement dans le Haut-Sassandra, mais dans toutes les régions de notre pays », a fait valoir l’actuel ministre gouverneur du District autonome d’Abidjan.
Des piques contre le Ppa-Ci
Cissé Ibrahima Bacongo a durement critiqué l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, et sa formation, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-Ci, opposition). Le cadre houphouëtiste n’est pas d’accord que dans leurs différents discours, l’ancien chef d’Etat (2000-2010) et ses partisans mettent en avant le fait qu’ils auraient été contrariés dans leur gouvernance. « Ils disent qu’ils ont échoué parce qu’on ne les a pas laissés gouverner. Mais eux, ils étaient (au pouvoir) et nous à l’opposition. Donc, nous n’avons fait que jouer notre rôle. Ils soutiennent aussi qu’ils n’avaient pas la main mise sur tous les membres du gouvernement. Mais quand on est pouvoir, il faut assurer la sécurité des populations. En réalité, ils ont échoué parce qu’ils n’étaient pas préparés à la gestion du pouvoir d’Etat (…) La vraie raison est qu’ils n’étaient pas à leur place parce qu’ils n’avaient pas l’expérience », a assené l’ancien maire de Koumassi.
En ce qui le concerne, le coordonnateur régional principal du Rhdp, Mamadou Touré, s’est réjoui d’avoir relevé deux défis : faire basculer le Haut-Sassandra au Rhdp et travailler à des élections apaisées. « Nous avons noté une forte progression de notre parti ici à Issia. Lorsque nous disons que pour les élections à venir le président Ouattara l’emportera au premier tour, ce n’est pas un simple slogan. Cela est reflété par l’adhésion des populations en sa politique de développement. Les populations sont sensibles à l’ensemble des réalisations qui ont été faites par le président. Quand on sait qu’Issia fait partie des zones les plus difficiles au niveau politique et quand on regarde l’évolution, nous pouvons affirmer, sans forfaiture, que personne ne pourra nous battre à l’élection présidentielle de 2025 », a affirmé M. Touré, par ailleurs, président du conseil régional du Haut-Sassandra, porte-parole adjoint du Rhdp.
Le Pdci-Rda pas épargné
Quant au ministre de la Communication, également cadre du Rhdp, Amadou Coulibaly, il a tiré à boulets rouges sur le Parti démocratique de Côte d’Ivoire- Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda, opposition). Amadou Coulibaly a estimé que ses dirigeants actuels ont « déhouphouëtisé le Pdci-Rda » en le faisant passer d’un parti politique prônant l’union, le rassemblement et la paix, à un vecteur de haine, de tribalisation et de division. Pour M. Coulibaly, le Pdci-Rda est à l’origine des crises identitaires en Côte d’Ivoire. « Au Pdci-Rda, lorsque vous devenez candidat, vous devenez automatiquement un ennemi. Ils avaient tous abandonné le président Houphouët-Boigny face aux contestations de la rue et c’est le gouverneur Ouattara qu’Houphouët-Boigny a fait venir auprès de lui pour sauver son régime. Pour le président Ouattara, c’était plus grave, il n’a même pas eu besoin de se déclarer pour qu’on le traite en ennemi. Ils l’ont traité d’étranger… Lorsque Djédjé Mady et KKB se sont portés candidats, ils ont été traités en ennemis. Et tout récemment, c’est Guikahué qui en a été victime. On a développé le concept de l’ivoirité… », a fustigé Amadou Coulibaly, également porte-parole du gouvernement.
M. Coulibaly a appelé tous les Ivoiriens ayant la paix comme « religion » et qui aiment le « développement » à rejoindre le Rhdp afin de « construire la Côte d’Ivoire ».
Notons que les nouveaux militants houphouëtistes se sont dit séduits par les réalisations du président Alassane Ouattara. Aussi, se sont-ils engagés à lui donner un autre mandat à la faveur de la présidentielle d’octobre.
E.KOUAKOU