Dans une salle acquise à la cause du parti doyen, cadres, élus, responsables locaux, jeunes et femmes ont exprimé, tour à tour, leur solidarité face à ce qu’ils qualifient d’« épreuves judiciaires et médiatiques » visant leur formation politique.
Au nom du président Tidjane Thiam, Gilbert Bleu Lainé a insisté sur la nécessité de préserver la loyauté collective, la cohésion interne et l’unité militante. Pour lui, ces valeurs constituent le socle indispensable pour affronter l’adversité et préparer l’avenir. « Nos adversaires s’appuient sur leur agressivité à notre égard. Les attaques dont nous faisons l’objet sont la preuve que notre parti est là », a-t-il affirmé, présentant cette situation comme « la réalité du champ politique ivoirien ».
Dans un ton à la fois ferme et rassembleur, l’ancien ministre a estimé que, malgré les tentatives de division, le PDCI-RDA consolide ses positions sur le terrain et travaille méthodiquement à l’alternative politique. « À l’heure d’une lutte soutenue, nous gagnons les batailles. Pendant que l’on tente de nous diviser, nous renforçons notre organisation et préparons un avenir meilleur pour notre chère Côte d’Ivoire », a-t-il soutenu.
Un message particulier a été adressé aux militants incarcérés. « À nos militants maintenus dans les liens de la détention, je veux adresser un message clair : vous n’êtes pas seuls. Nous portons votre cause avec dignité et détermination », a déclaré M. Bleu Lainé, déclenchant des applaudissements nourris dans l’assistance.
S’adressant ensuite à Calice Yapo Yapo, qu’il a qualifié de « dynamique secrétaire exécutif en chef », le vice-président principal a salué « le dynamisme et la force d’un ami qui a su insuffler un souffle nouveau au parti ». Il l’a félicité pour le travail accompli en cent jours à la tête du secrétariat exécutif, estimant que « les responsabilités qu’il a supportées dans la tempête présente sont la preuve de son courage politique ».
Au-delà des dirigeants nationaux, Gilbert Bleu Lainé a rendu hommage aux secrétaires généraux de section, aux militantes et militants de base. « Je suis conscient des épreuves que vous traversez au quotidien pour le rayonnement du parti. Ne vous laissez pas tromper par les hommes d’argent qui souhaitent vous utiliser contre votre propre formation politique », a-t-il averti.
Dans un contexte qu’il décrit comme marqué par des « persécutions et intimidations », il a appelé à une réponse « calme, pacifique, structurée, responsable et unitaire ». Pour le doyen, le PDCI-RDA ne disparaîtra pas sous la pression extérieure. « Restons unis, restons organisés, restons mobilisés. La cohésion, ce n’est pas l’effacement des individualités, c’est la capacité à marcher ensemble malgré nos différences. Unis, nous devenons une force que l’on ne peut ignorer », a-t-il martelé.
« Le PDCI-RDA ne va pas mourir… »
Avant lui, Raoul Aby, maire de Marcory et haut représentant du président Thiam dans le District des Lagunes, avait donné le ton. Rappelant que le PDCI-RDA célébrera ses 80 ans le 8 avril 2026, il a souligné la longévité et la résilience du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny. « Le PDCI-RDA ne va pas mourir aujourd’hui et il ne mourra pas demain. Il est habitué au combat politique », a-t-il lancé. Évoquant les militants détenus, qu’il considère comme des « prisonniers politiques », il a tenu à rassurer leurs familles : « Nous sommes une famille. Le PDCI-RDA n’oublie jamais ses enfants. Ne perdez pas espoir. »
Raoul Aby s’est également appesanti sur la situation du Secrétaire exécutif en chef, qu’il estime « persécuté par la justice ». Il a invité les responsables du parti à se tenir résolument à ses côtés, tout en rappelant l’importance du dialogue, qu’il a qualifié d’« arme des forts », reprenant une formule chère à Félix Houphouët-Boigny.
« Thiam, notre président et notre boussole »
Dans le même esprit, Guillaume Aka, porte-parole des jeunes du parti, a renouvelé les « engagements de fidélité, de responsabilité et de solidarité » de la jeunesse militante. « Le PDCI-RDA est à l’épreuve des pressions judiciaires et médiatiques. M. Thiam, vous êtes notre président, notre boussole. Nous sommes à votre service et nous n’oublions pas nos amis incarcérés », a-t-il affirmé.
La voix des femmes a été portée par Sabine Bouédé, déléguée départementale de Facobly. Au nom des militantes, elle a estimé que « la procédure judiciaire à l’égard du secrétaire exécutif est illégale » et a demandé « le respect des principes républicains ». Elle a également exprimé la solidarité des femmes du parti envers les détenus et le président Thiam.
De son côté, Clotaire N’guessan Kouadio, secrétaire de section d’Adjamé, a rappelé le rôle central des structures de base. « Nous sommes la colonne vertébrale du PDCI-RDA », a-t-il déclaré, en s’alignant sur la posture de ses prédécesseurs.
Au terme des différentes interventions, une motion de soutien a été lue par Léa Jeanne Ayivor, déléguée communale d’Adjamé. Citant l’écrivain et cinéaste américain Mario Puzo, elle a rappelé que « la force d’une famille, comme celle d’une armée, réside dans la loyauté qui unit ses membres ». Par cette référence, elle a souligné que la fidélité, le soutien mutuel et l’engagement indéfectible constituent les fondements de toute organisation durable.

Dans une salle acquise à la cause du parti doyen, cadres, élus, responsables locaux, jeunes et femmes ont exprimé, tour à tour, leur solidarité (Ph : DR)
À travers cette conférence de presse, le PDCI-RDA a voulu envoyer un signal clair : face aux turbulences, le parti entend miser sur la discipline, la solidarité et l’unité pour surmonter les obstacles. À quelques semaines de la célébration de ses 80 ans, la formation politique historique de Côte d’Ivoire affiche sa volonté de rester debout, fidèle à son héritage et mobilisée autour de son leadership.
E.KOUAKOU