Une montée en puissance nette, au moment où les regards se tournent vers les échéances internationales. Né et grandi à Londres, Godo a choisi en 2025 de représenter la Côte d’Ivoire avec les U23. Un choix fort, qui relance une question désormais inévitable : peut-il intégrer les Éléphants dès la prochaine Coupe du monde ?
Son histoire ne ressemble pas à celle des produits classiques des centres de formation. Il y a cinq ans à peine, Godo évoluait en septième division anglaise, sous les couleurs de Margate. Pas de trajectoire linéaire, pas de parcours balisé. Cette singularité façonne encore son jeu. Plus instinctif, Godo provoque, dribble, improvise. Il joue comme s’il avait encore quelque chose à prouver. En Ligue 1, son audace déstabilise des défenses habituées à des profils plus formatés. Son passage par Fulham a marqué un tournant. Depuis, sa progression s’est accélérée, tout comme ses ambitions. Interrogé par Canal+ Afrique, l’ailier assume son changement de dimension. « Des ambitions de Coupe du monde ? Oui, bien sûr. Au début de la saison, je n’étais pas dans cette optique. Je ne pensais pas être dans ces discussions. Mais maintenant, c’est mon principal objectif. »
Godo confirme aussi avoir échangé avec le sélectionneur Emerse Faé : « Je lui ai parlé. Pas forcément à propos de la sélection, mais il voulait quelques informations. On a discuté, et ma mère l’a contacté aussi. » Sportivement, l’équation reste complexe. Le 4-3-3 d’Emerse Faé valorise les ailiers percutants, un registre qui correspond parfaitement au profil de Godo. Mais la hiérarchie est bien établie. À gauche, Yan Diomandé s’est imposé comme une évidence. À droite, Amad Diallo, brillant lors de la dernière Can, semble intouchable. Dans le rôle d’ailier gauche droitier, la concurrence est encore plus forte. Simon Adingra, relancé par son prêt à Monaco, retrouve de l’efficacité. Wilfried Zaha conserve un poids symbolique et une expérience précieuse malgré une Can discrète. Bazoumana Touré devrait logiquement poursuivre son apprentissage, tandis qu’un retour de Nicolas Pépé n’est pas à exclure.
Dans ce contexte, la Coupe du monde pourrait sembler arriver un peu vite pour Godo. Il ne compte encore qu’une apparition avec les U23 ivoiriens, après avoir porté les couleurs anglaises chez les jeunes. Son histoire internationale reste à écrire. Mais sa dynamique en club change la donne. Sa polyvalence, sa capacité à éliminer en un contre un et son efficacité récente constituent des arguments solides. Une blessure, une baisse de forme chez un concurrent direct, et sa candidature deviendrait crédible. Et si sa cadence actuelle en Ligue 1 se confirme, l’ignorer deviendra de plus en plus difficile. À défaut d’un rôle majeur immédiat, une place élargie dans le groupe ou un statut de réserviste apparaît déjà comme une hypothèse réaliste.
A.KONE