En prélude à cet événement international, la Fédération ivoirienne d’athlétisme (Fia) a dévoilé les grandes lignes de la compétition le lundi 16 mars, lors d’une conférence de presse organisée au siège du Comité national olympique de Côte d’Ivoire à Cocody, Deux-Plateaux Vallons.
Face aux médias, le président de la Fia, Jeannot Kouamé, a indiqué que la Confédération africaine d’athlétisme a sélectionné sept pays, dont la Côte d’Ivoire, pour accueillir les différentes étapes de l’African Tour. Initialement programmée le 23 mai, la compétition a finalement été avancée au 6 mai, en raison du réaménagement du calendrier continental. Les Championnats d’Afrique d’athlétisme 2026, prévus à Accra, se tiendront désormais du 12 au 17 août. Pour la fédération ivoirienne, ce meeting servira à la fois de préparation et de vitrine pour les athlètes nationaux. « Le meeting Gabriel Tiacoh est une compétition préparatoire, mais aussi une occasion pour le public ivoirien de voir évoluer ses athlètes. La plupart du temps, nous les regardons courir à la télévision à l’étranger, alors qu’ils portent haut les couleurs du pays », a souligné Jeannot Kouamé.
La compétition porte le nom de Gabriel Tiacoh, premier médaillé olympique de l’histoire de la Côte d’Ivoire. L’ancien sprinteur avait remporté la médaille d’argent du 400 mètres aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, un exploit historique pour l’athlétisme ivoirien. Selon Jeannot Kouamé, cet hommage est pleinement justifié. « Après sa médaille, il a fallu attendre trente-deux ans pour que la Côte d’Ivoire obtienne de nouvelles médailles olympiques en 2016. Gabriel Tiacoh reste une figure exceptionnelle de notre athlétisme. Il est normal que ce meeting porte son nom », a-t-il expliqué. Le président de la Fia a également rappelé que l’organisation régulière de cette compétition avait été freinée ces dernières années par le manque d’infrastructures adaptées. La situation a changé avec la construction et la rénovation des stades à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations 2023. « Grâce aux infrastructures héritées de la Can, nous avons aujourd’hui les conditions nécessaires pour accueillir des compétitions internationales. Nous voulons désormais organiser ce meeting chaque année afin d’offrir à nos athlètes évoluant à l’étranger l’opportunité de courir au pays », a précisé Jeannot Kouamé.
L’édition 2026 du meeting proposera onze épreuves internationales, contre dix lors de la précédente édition. Chez les dames, cinq disciplines sont prévues (100 m, 200 m, 400 m, relais 4×100 m, saut en longueur). Chez les hommes, ce sera six épreuves :100 m, 110 m haies, 200 m, 400 m, relais 4×100 m et saut en hauteur. En parallèle, huit épreuves nationales permettront aux athlètes locaux de se mesurer sur la piste du stade Félix Houphouët-Boigny. Chez les hommes : 100 m, 200 m, 800 m et saut en hauteur. Et chez les dames : 100 m, 200 m, 1500 m et saut en longueur. « Ces compétitions permettront à nos athlètes de se préparer dans de bonnes conditions avant les échéances continentales », a précisé le président de la Fia.
Développer l’athlétisme ivoirien
Organisateur principal de l’événement, Serge Doh a insisté sur l’importance de ce rendez-vous pour la promotion de l’athlétisme en Côte d’Ivoire. « Nous devons profiter de nos infrastructures et les utiliser à bon escient. L’objectif est d’amener l’athlétisme ivoirien à une autre dimension », a-t-il affirmé. Il a également rappelé que plusieurs athlètes ivoiriens brillent déjà sur la scène internationale, notamment Marie‑Josée Ta Lou, Murielle Ahouré, Arthur Cissé ou encore Cheickna Traoré. Selon lui, ce meeting doit aussi servir de tremplin pour la nouvelle génération. « La fédération doit mettre l’accent sur la détection et la formation. Mais il faut aussi offrir aux jeunes athlètes des plateaux de compétition pour qu’ils puissent s’exprimer localement avant d’aller à l’international », a-t-il expliqué.
Inscrit au calendrier de la Confédération africaine d’athlétisme et intégré au circuit du World Athletics Continental Tour, le Meeting Gabriel Tiacoh ambitionne de monter progressivement en puissance. À terme, les organisateurs espèrent positionner Abidjan parmi les grandes places africaines de l’athlétisme, aux côtés de Cape Town, Dakar ou Douala. Pour y parvenir, Serge Doh lance un appel au soutien du secteur privé. « Sans sponsors, il n’y a pas de sport. Le partenariat entre le sport et les entreprises est indispensable pour faire grandir ce meeting et permettre à l’athlétisme ivoirien de franchir un nouveau cap », a-t-il conclu.
AKONE