Réunis à Cantondougou le 20 mai 2026, les chefs de villages et de tribus autochtones du peuple Winin, épaulés par les leaders de la jeunesse et des femmes, ont fermement rejeté les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant le projet agroforestier et écotouristique de Monogaga. Dans une déclaration lue par Bodou Stéphane, chef du village de Doulayeko et porte-parole du collectif, ils ont donné leur version des faits sur le projet.
Cette rencontre qui réunissait notamment les représentants des communautés locales, parmi lesquels figure le président de Moussadougou, principal campement allogène de la Forêt de Monogaga, visait à apporter des clarifications sur des publications faisant état de supposées violations des droits des populations locales, de leur exclusion du projet et même d’un risque d’expropriation de leurs terres ancestrales.
Le porte-parole du collectif des chefs de villages et de tribus a regretté que certaines informations aient été largement diffusées sans que les premiers concernés n’aient été consultés. « Nous, peuple Winnin, représentés par notre collectif des chefs de villages et de tribus, voulons informer l’opinion nationale et internationale que les personnes et médias qui diffusent ces informations ne nous ont jamais contactés pour connaître la vérité ou avoir notre version des faits », a-t-il déclaré.
Le représentant communautaire a particulièrement dénoncé certaines accusations visant la Roots Wild Foundation et son président, Bilal Hallal, présentés dans certaines publications comme des acteurs cherchant à exproprier les populations locales. « Certaines publications vont jusqu’à affirmer que la Roots Wild Foundation et son président veulent chasser les populations de leurs terres. Nous tenons à démentir ces accusations avec la plus grande fermeté, car elles sont totalement fausses », a-t-il insisté.
Selon lui, les actions entreprises dans le cadre du projet ont, au contraire, permis des avancées majeures pour les populations autochtones. Il a notamment mis en avant la rétrocession de plus de 13 000 hectares d’enclaves aux communautés locales, une décision qu’il considère comme historique après plusieurs décennies de classement de la forêt. « Grâce au travail de la Roots Wild Foundation et de notre fils Bilal Hallal, après plus de cinquante années de classement de cette forêt, l’État de Côte d’Ivoire a accepté d’octroyer aux populations autochtones plus de 13 000 hectares d’enclaves », a-t-il affirmé.
Au-delà de cette mesure foncière, il a également évoqué une autre avancée importante : l’autorisation accordée pour la réalisation de lotissements de 10 hectares par village côtier afin de faire face à l’avancée de la mer, un phénomène qui menace plusieurs localités de la zone. « Cette demande avait été formulée par nos villages depuis plusieurs années, mais elle avait toujours été refusée en raison du statut de forêt classée de Monogaga. Aujourd’hui, grâce à ce projet, une solution a enfin été trouvée », a expliqué le porte-parole.
Pour les représentants des communautés, le projet agroforestier et écotouristique constitue ainsi une opportunité majeure pour l’avenir des populations locales. « Nous affirmons avec responsabilité que ce projet est salvateur pour le peuple Winnin, pour nos villages et pour les générations futures. Les populations, la Roots Wild Foundation et l’État de Côte d’Ivoire travaillent ensemble dans une parfaite entente. Le projet avance dans un climat familial, respectueux et apaisé », a-t-il poursuivi.
Le conférencier a également insisté sur le caractère participatif du processus, assurant qu’aucune décision concernant la Forêt de Monogaga n’est prise sans concertation entre les membres du comité technique et consultation des populations concernées.
Soucieux de favoriser une information équilibrée, les représentants des communautés ont invité journalistes, organisations et personnes intéressées à venir constater la réalité sur le terrain et à se rapprocher directement des communautés locales. En conclusion, les populations Winnin ont exprimé leur reconnaissance aux autorités ivoiriennes pour leur accompagnement.
Des remerciements ont notamment été adressés à l’ancien ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, ainsi qu’au président de la République, et à l’actuel ministre des Eaux et Forêts, Assahoré Konan Jacques, pour leur soutien aux initiatives engagées dans la région. À travers cette sortie médiatique, les communautés autochtones Winnin ont voulu faire entendre leur voix et réaffirmer leur position sur un projet qu’elles considèrent comme porteur d’espoir pour leur développement et la préservation de leur territoire.
Axel KONE