La séquence politique s’annonce délicate pour l’exécutif. Selon le dernier baromètre politique Odoxa-Mascaret, réalisé pour Public Sénat et 20 titres de la presse régionale, la cote de popularité d’Emmanuel Macron atteint 18 % en septembre 2026. À l’inverse, 82 % des personnes interrogées estiment qu’il n’est pas un « bon président ».
Cette nouvelle mesure marque un recul de sept points en trois mois. Elle intervient alors que la hausse des prix des carburants s’est imposée comme un sujet majeur dans le débat public et alimente les préoccupations liées au pouvoir d’achat. Le dispositif mis en avant par l’exécutif pour soutenir les automobilistes les plus exposés ne convainc pas une majorité des Français interrogés. Selon Odoxa, 75 % jugent insuffisantes les aides destinées aux « gros rouleurs ».
Le baromètre révèle également une attente accrue en faveur d’une intervention publique. 62 % des sondés considèrent que l’État devrait consacrer davantage de moyens à la baisse des prix du carburant et aux aides destinées aux Français, malgré les contraintes liées au déficit public. Par ailleurs, 83 % déclarent être préoccupés par le niveau de la dette et des déficits. Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où la question du carburant dépasse la seule évolution des prix à la pompe. Une précédente enquête Odoxa publiée le 16 septembre montrait déjà que 48 % des Français jugeaient important l’impact de cette hausse sur le budget des ménages.
L’exécutif également sous pression
La baisse de popularité touche également le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont la cote recule dans le même baromètre. Cette évolution intervient alors que le gouvernement doit défendre sa stratégie face à la hausse des prix et aux attentes sociales.
Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais de répondre simultanément aux préoccupations liées au pouvoir d’achat, au coût des carburants et aux impératifs de maîtrise des finances publiques.
Une opinion politique en mouvement
L’enquête mesure également l’adhésion aux principales personnalités politiques. Marine Le Pen et Jordan Bardella recueillent chacun 35 % de cote d’adhésion, malgré des baisses respectives de quatre et cinq points. Édouard Philippe obtient 27 %, tandis que François Hollande atteint 22 % et Raphaël Glucksmann 20 %.
Ces données illustrent surtout une opinion publique particulièrement mouvante à l’approche des prochaines échéances électorales. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de tirer des conclusions sur l’issue d’un futur scrutin. Le principal enseignement de cette enquête concerne ainsi davantage le climat d’opinion que les perspectives électorales. La hausse des carburants cristallise une partie des préoccupations économiques et sociales, tandis que l’exécutif doit composer avec des attentes contradictoires : renforcer le soutien aux ménages tout en tenant compte de la situation des finances publiques.
Comme tout sondage, cette enquête constitue une mesure de l’opinion à un moment donné. Les résultats peuvent évoluer en fonction de la conjoncture économique, des décisions gouvernementales et des prochaines séquences politiques.
J.F.PAGNI