Mais derrière la performance sportive se cache un engagement citoyen. À travers cette traversée, « La Go à Vélo » entend sensibiliser sur le décrochage scolaire et défendre un meilleur accès à l’éducation. Une mission qui lui a permis de vivre des rencontres bien au-delà de la simple aventure cycliste. « C’est une expérience humaine absolument incroyable et inédite », confie-t-elle à L’Inter. Dans les villages traversés, elle sollicitait parfois l’hospitalité des habitants pour passer la nuit. Un accueil souvent généreux, avec un toit, de l’eau et un repas. Autant d’occasions d’échanger, de découvrir les difficultés des communautés et de réfléchir aux réponses possibles pour améliorer leur quotidien.
Sur la route, le défi était aussi physique. Certaines journées exigeaient six à huit heures de pédalage, parfois sous la pluie et les orages, notamment entre le Liberia et la Sierra Leone. La chaleur et le soleil ont également marqué les étapes en Guinée-Bissau et au Sénégal. Mais la principale difficulté, reconnaît-elle, a été l’alimentation. Trouver de quoi se restaurer dans certaines localités du Liberia et de la Sierra Leone relevait parfois du casse-tête. Des préparations nutritionnelles fournies par un partenaire lui ont alors été précieuses.
Ce partenaire lui avait également offert son vélo. Yasmine Diawara n’a toutefois pas toujours roulé seule. Le club Rondo Sport Découvertes de San Pedro l’a accompagnée entre San Pedro et Tabou. Au Liberia, un jeune Ivoirien, lui aussi boursier du programme Mandela Washington Fellowship, lui a prêté main-forte sur une partie du parcours. Une équipe de projet la rejoignait également tous les cinq jours dans les capitales pour des rencontres avec des ambassadeurs et des décideurs.
Cette aventure n’est pas une première pour la cycliste, qui avait déjà relié la Côte d’Ivoire au Nigeria à vélo en 2025, puis effectué une première traversée vers le Sénégal. À son arrivée, elle a été reçue par l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Sénégal, S.e.m. Mamadou Haïdara, et salué le soutien des autorités ivoiriennes, notamment celui de la ministre d’État Nialé Kaba et du Président Alassane Ouattara.
Yasmine Diawara ramène de Dakar au-delà des kilomètres parcourus, une victoire humaine : celle d’avoir fait de son vélo un moyen de porter plus loin son plaidoyer pour l’éducation.
Axel KONE