Le Maroc conteste un arbitrage jugé scandaleux, notamment l’absence d’un penalty flagrant pour une main nigériane non sifflée à la 78e minute. Selon la Frmf, l’arbitre Var aurait volontairement refusé de montrer les images décisives. La fédération a exigé des comptes et réclamé des sanctions. Résultat : c’est l’Ivoirien Doué Noumandiez qui paie les frais. En poste depuis 2022, il est écarté, officiellement pour des raisons liées à la qualité de l’arbitrage. Officieusement, c’est une réponse directe à la pression marocaine.
Ce limogeage sonne comme une humiliation pour l’arbitrage ivoirien, déjà critiqué lors de la Can masculine 2023. À l’époque, les arbitres du huitième de finale Sénégal–Côte d’Ivoire avaient été discrètement écartés. Aujourd’hui, la mise à pied d’un cadre aussi haut placé montre que la Côte d’Ivoire n’a plus de poids réel dans les décisions stratégiques de la Caf.
En pleine période post-Can 2023, organisée en Côte d’Ivoire avec un succès populaire notable, cette décision ternit l’image du pays sur le plan institutionnel. Elle projette une image de faiblesse dans les hautes sphères du football africain.
Le vrai vainqueur de cette affaire, c’est le Maroc. En s’imposant politiquement au sein de la Caf, la Frmf montre sa capacité à peser lourd, à un an de l’organisation de la Can 2025 masculine. Elle envoie un message clair : aucun détail ne sera laissé au hasard.
Cette influence s’inscrit dans une stratégie plus large. Le Maroc investit massivement dans le sport, verrouille les relations diplomatiques et place ses hommes aux postes-clés dans les instances du football africain. La Caf, de plus en plus alignée sur les intérêts marocains, semble lui dérouler le tapis rouge.
A.KONE