Dès l’ouverture, Me Kouoto Atabi donne le ton. Selon lui, 17 des 19 secrétaires de section de la circonscription soutiennent Guikahué. Il affirme que la base avait tranché, mais que la haute direction du parti a choisi un autre candidat, sans tenir compte du travail de présélection mené par le comité de 15 membres de la Haute représentation du Gôh Djiboua. Il va plus loin. Le candidat retenu par la direction, dit-il, n’appartient à aucune section Pdci locale, ne participe à aucune réunion et n’est connu d’aucun militant du terrain.
Le délégué dit avoir découvert, avec surprise, que deux autres cadres, Dakoury Stéphane et Yao Kouamé René, avaient aussi déposé leur candidature, alors qu’ils ne figureraient dans aucun registre local du parti.
Selon Me Kouoto Atabi, le professeur Guikahué n’a jamais souhaité partir en indépendant. Ce sont les manœuvres internes, affirme-t-il, qui l’y ont poussé. Il évoque une stratégie visant à laisser Guikahué attendre un appel de la direction pour finalement le rendre forclos devant la CEI. Pour éviter cela, le camp Guikahué décide d’agir. L’avocat raconte avoir déposé un dossier à la CEI qui ne mentionnait ni Pdci ni indépendant, car ses informations indiquaient clairement que la haute direction n’avait pas retenu Guikahué et s’orientait vers Yao.
Il relate la scène. Yao, recalé par le comité électoral du district, s’apprêtait lui-même à partir en indépendant avant d’être rappelé par la direction pour récupérer l’investiture. « Nous avons appris cela à 14 heures », précise-t-il. Lorsque Me Kouoto Atabi arrive à la CEI à 17h45, il obtient le numéro huit. Yao, lui, a déjà pris le numéro sept. La haute direction se présente après 20 heures. Selon l’avocat, elle aurait pu remettre une lettre d’investiture à Guikahué si elle l’avait choisit, ou simplement confirmer que ce n’était pas le cas. Rien ne vient. À 21h30, toujours pas de position officielle. Le camp Guikahué décide donc d’anticiper pour ne pas se retrouver piégé.
Pour Me Kouoto Atabi, le choix clair de la base s’impose. Il soutiendra donc la campagne de Guikahué, quitte à se mettre en congé de ses fonctions de délégué départemental. « Je dois suivre la base », conclut-il.
Eric KOUAKOU