La nouvelle est tombée dans l’après-midi et s’est rapidement répandue dans les milieux des médias et de la culture. L’information a été confirmée par Khan Hervé Koffi, commissaire général de l’événement « Benson d’or », qui a fait part de son émotion sur les réseaux sociaux. « Non boss. On s’est parlé il y a quelques jours. Non Seigneur. C’est trop. Je suis épuisé (…) », a-t-il écrit, exprimant son incrédulité face à la disparition de celui qui avait profondément marqué l’univers audiovisuel ivoirien.
Dans la soirée, les hommages se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Serge Pacôme Didi, responsable du site d’information en ligne Média Prime, a salué la mémoire d’un « pionnier du petit écran », dont le parcours reste étroitement associé à l’histoire de la télévision ivoirienne. « Le monde de la télévision ivoirienne perd une figure emblématique. Georges Taï Benson, véritable pionnier du petit écran, s’en est allé, laissant derrière lui une immense empreinte dans l’histoire de l’audiovisuel en Côte d’Ivoire », a-t-il écrit. Il a rappelé que celui qu’on appelait affectueusement GTB (djitibi en anglais) avait créé plusieurs émissions à succès à partir des années 1970, a contribué à façonner les programmes qui ont marqué durablement le paysage audiovisuel national.
Pour de nombreux professionnels, son parcours aura également constitué une référence. Animateur et producteur, Georges Taï Benson s’était imposé au fil des décennies par sa voix, sa présence à l’écran et son style, devenant un modèle pour plusieurs générations de jeunes animateurs. L’histoire de Georges Taï Benson avec la télévision ivoirienne commence très tôt. Né le 25 janvier 1946 à Treichville, d’un père bijoutier et d’une mère ménagère, il grandit dans une famille nombreuse. Du côté paternel, il est issu d’une fratrie de 28 enfants, tandis que sa mère appartient à une famille de 12 enfants.
Il effectue ses études primaires à Grand-Lahou entre 1952 et 1958, avant de poursuivre sa scolarité secondaire à Abidjan jusqu’en classe de cinquième. Attiré par le monde artistique, il s’inscrit ensuite dans une école au Plateau pour suivre des cours d’art dramatique, avant d’intégrer l’Institut national des arts (Ina), à l’époque.
Son parcours professionnel prend véritablement forme avec une formation spécialisée dans le domaine radiophonique et audiovisuel. Il effectue dix-huit mois de formation théorique à l’Office de coopération radiophonique de Paris, avant d’être orienté vers l’Office de coopération radiophonique de France pour une formation pratique.
À l’issue de ce cursus, il rentre en Côte d’Ivoire le 11 décembre 1965. Cinq jours plus tard, le 16 décembre, il prend effectivement fonction à la Radio et Télévision ivoirienne. Il débute alors avec l’émission « Rythme et Tradition », posant les premières pierres d’une carrière qui s’étendra sur plusieurs décennies.
Une voix qui traverse les générations.
De ses débuts à la RTI à ses émissions devenues populaires, Georges Taï Benson aura accompagné les grandes évolutions de l’audiovisuel ivoirien. Son nom reste notamment associé à une période où la télévision occupait une place centrale dans la vie culturelle et sociale du pays. Son parcours dépasse ainsi la seule fonction d’animateur. Par ses émissions, son expérience et sa présence médiatique, il a contribué à l’émergence d’une véritable culture télévisuelle en Côte d’Ivoire et à la formation de plusieurs générations de professionnels.
Sa disparition laisse aujourd’hui un vide dans le paysage audiovisuel ivoirien. Elle suscite l’émotion de ses proches, de ses anciens collaborateurs, des professionnels des médias, mais également de nombreux téléspectateurs qui ont grandi avec sa voix et ses émissions.
Alors que les hommages commencent à affluer, les regards se tournent désormais vers la famille pour les prochaines informations relatives aux obsèques. Georges Taï Benson s’en est allé. Mais une voix qui a accompagné plusieurs générations ne disparaît jamais complètement. Elle demeure dans les archives, dans les souvenirs et dans la mémoire collective de la télévision ivoirienne.
Eric KOUAKOU