Sa convocation par Emerse Faé n’a rien d’un hasard. Depuis son transfert définitif au Rapid Bucarest l’été dernier, après un prêt concluant à Cluj, Keita s’est imposé comme l’un des milieux les plus constants du championnat roumain. Douze titularisations en douze matchs, une activité inépuisable, une intelligence de placement et une propreté technique saluée par ses entraîneurs : le natif d’Abidjan s’est taillé une réputation de métronome du milieu. « Kader, c’est un joueur discipliné, rigoureux, avec une grosse marge de progression », confiait récemment son coach à Bucarest.
Jeune joueur passé par le centre de formation du LOSC (Lill), avant de tenter sa chance en Europe de l’Est, Kader Keita n’a pas eu un parcours linéaire. Loin des grandes vitrines européennes, il a construit sa carrière pas à pas, misant sur la régularité plutôt que la précipitation. Aujourd’hui, cette persévérance est récompensée. Son nom figure enfin sur la liste des Éléphants. Appelé en renfort après le forfait de Seko Fofana, blessé à la chaîne postérieure, le milieu défensif du Rapid incarne une nouvelle option crédible pour l’entrejeu ivoirien. Capable d’évoluer en sentinelle ou en relayeur, il combine récupération, projection et sens du collectif.
Dans un effectif riche en talents offensifs, Faé cherchait un joueur capable d’assurer l’équilibre et la relance propre au cœur du jeu. Keita pourrait bien être cette pièce manquante. Son volume de course, sa lecture du jeu et sa capacité à jouer simple et juste en font un profil complémentaire aux cadres comme Franck Kessié ou Ibrahim Sangaré. « Il n’a pas peur du défi physique, mais il sait aussi calmer le jeu quand il le faut », glisse un membre du staff technique. « C’est un joueur qui comprend vite et s’adapte bien. »
Pour sa première convocation, Keita arrive dans un contexte exigeant : la Côte d’Ivoire joue gros face aux Seychelles puis au Kenya, deux matchs décisifs pour décrocher une qualification au Mondial 2026. Mais le jeune milieu n’a rien à perdre et tout à prouver. Dans un groupe en quête de stabilité et de continuité, sa première cape pourrait marquer le début d’une belle histoire.
Eric KOUAKOU