Dès l’ouverture des travaux, le représentant du ministre du Tourisme et des Loisirs, Andi Leal Daniel, directeur de cabinet, a fixé le cap : « Place à l’action, à l’impact et à la performance. » Un message qui traduit la volonté des autorités de passer d’une phase de réflexion à une dynamique de résultats concrets.
Au cœur des échanges, une ambition forte : faire de l’Ivoirien le premier touriste de Côte d’Ivoire. Un objectif stratégique pour consolider les performances du secteur, qui a enregistré en 2025 plus de 6,8 millions de visiteurs et une contribution de 8,7 % au PIB. À l’horizon 2030, le gouvernement vise également la création d’un million d’emplois liés au tourisme.
Mais au-delà des chiffres, les participants ont insisté sur une réalité essentielle : le développement du tourisme intérieur passe nécessairement par la création de conditions attractives pour les populations ivoiriennes elles-mêmes. Accessibilité des prix, amélioration des infrastructures, sécurité, qualité des services, offres adaptées aux familles et aux jeunes, promotion des destinations locales et facilités de déplacement doivent devenir des priorités afin d’encourager davantage d’Ivoiriens à découvrir leur propre pays.
Car un tourisme domestique fort ne se décrète pas. Il se construit à travers des politiques incitatives, des expériences de qualité et une véritable culture du voyage local. Plusieurs intervenants ont ainsi souligné la nécessité de rendre les circuits touristiques plus accessibles à la classe moyenne, de développer des offres promotionnelles durant les vacances et de renforcer la communication autour des richesses culturelles, balnéaires et patrimoniales du pays.
Dans cette dynamique, trois itinéraires pilotes ont été présentés comme vitrines de la destination Côte d’Ivoire : l’Est, le Centre-Nord et le Sud-Ouest. Pensés pour les familles, les jeunes, les seniors et les entreprises, ces circuits ont servi de base aux réflexions menées au sein de six commissions thématiques portant notamment sur les produits locaux, la compétitivité des prix, la communication, la distribution touristique et la formation des acteurs.
Pour le directeur général de la DGITH, le Dr Fagama Klo, l’enjeu dépasse le simple cadre économique. « Notre ambition est claire : faire du tourisme interne un pilier de cohésion sociale et de développement économique », a-t-il affirmé.
Avec la stratégie « Sublime Côte d’Ivoire », le pays entend valoriser son hospitalité, sa diversité culturelle et son potentiel touristique afin d’intégrer le top 5 des destinations africaines d’ici 2030. Une ambition qui ne pourra pleinement se réaliser qu’en plaçant l’Ivoirien au centre de cette dynamique, non seulement comme ambassadeur de la destination, mais surtout comme premier bénéficiaire et premier acteur du tourisme national.
Eric KOUAKOU