« Nous, au Pdci-Rda, nous, les militants sérieux du Pdci-Rda, nous adressons ces questions… À l’occasion de la rentrée parlementaire, le Pdci-Rda va faire des propositions de loi », a annoncé Yapo Calice, secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda, dans une vidéo d’environ sept minutes visionnée par L’inter sur le site d’information Pdci TV, le dimanche 6 septembre 2026.
Il s’exprimait lors d’une tournée de remerciements dans la région du Lôh-Djiboua. À cette occasion, il a fustigé l’orpaillage illégal, estimant que cette pratique contribue à la pollution des cours d’eau du pays. C’est notamment pour cette raison, mais aussi en raison de la dégradation des terres, que le parti de Thiam a décidé de prendre le taureau par les cornes. « Il y a des problèmes sérieux en Côte d’Ivoire. La Sodeci fait quelquefois des communiqués pour dire que, dans tel village, on ne peut plus boire l’eau parce qu’elle est devenue impropre à la consommation, parce qu’il y a du cyanure, du mercure et d’autres produits dangereux issus de l’orpaillage », a-t-il déclaré, ajoutant que ces préoccupations doivent être portées par « les opposants ».
RLE
Autre sujet évoqué par l’ancien membre du gouvernement : la Révision de la liste électorale (Rle). Yapo Calice s’est offusqué du fait que, bien qu’inscrite dans le Code électoral, l’opération annuelle de révision de la liste électorale n’a pas été organisée depuis bientôt 24 mois, soit deux années consécutives.
À son appréciation, il s’agit d’un dysfonctionnement grave que les autorités compétentes se doivent de corriger afin de se conformer à la loi électorale.
L’inquiétude de l’opposant est amplifiée par la décision prise le 6 mai dernier en Conseil des ministres, annonçant la dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei). « Voici un pays où on dit que chaque année, on doit faire la révision de la liste électorale pour permettre que les nouveaux majeurs et tous ceux qui ne sont pas inscrits sur la liste, mais qui remplissent les conditions, puissent être inscrits. En 2025, 27 milliards de budget, et rien. En 2026, on est en septembre, toujours rien. Et cela, les militants du Pdci-Rda qui nous envoient au tribunal ne le voient pas. Il faut lutter pour que la révision de la liste électorale, qui est inscrite dans la loi, puisse être effective. C’est à cela que les Ivoiriens doivent s’attaquer », a-t-il dit.
Des piques à Guikahué
Au cours d’un meeting qu’il animait, Yapo Calice a volé dans les plumes d’un ancien secrétaire exécutif du vieux parti, sans toutefois le nommer.
« Tu as été secrétaire exécutif pendant 10 ans, on n’a rien vu dans ce que tu as fait. Tu n’es plus secrétaire exécutif, c’est ça qui fait mal », a-t-il lancé.
À l’en croire, chaque fois que les adversaires de Cheick Tidjane Thiam saisiront la justice pour tenter de l’évincer de la présidence du Pdci-Rda, les militants du plus vieux parti politique ivoirien multiplieront les congrès extraordinaires pour le remettre en selle.
Pour Yapo Calice, les différentes procédures judiciaires auxquelles le parti octogénaire est confronté depuis quelques années seraient, en réalité, l’œuvre de cet ancien secrétaire exécutif, qui n’aurait pas encore accepté, d’une part, l’accession de l’ancien directeur général de Crédit Suisse à la présidence du Pdci et, d’autre part, son propre départ de la tête du secrétariat exécutif depuis 2024.
« Cheick Tidjane Thiam est président du Pdci-Rda pour conduire le parti au pouvoir d’État en 2030. Il n’est pas président du Pdci-Rda pour se retrouver tous les matins au tribunal pour dire s’il a fait 10 ans ou 250 ans de présence au Bureau politique. Ça, nous, on s’en gaba (argot ivoirien qui signifie : on s’en fout !). Nous, on n’a pas de problème avec la justice, on va aller se défendre. Mais l’essentiel, ce n’est pas ça.», a-t-il renchéri.
Le membre du Bureau politique a rassuré quant à la détermination des militants, dont lui-même, à constituer des boucliers pour défendre la cause de leur leader, Cheick Tidjane Thiam, devant les tribunaux comme partout où besoin se fera sentir. D’ailleurs, il a souhaité que les militants à l’origine des plaintes contre le Pdci-Rda et son président se ravisent, rentrent dans les rangs et adoptent un comportement exemplaire, à l’instar des autres militants qui suivent la ligne du parti.
Le procès fixé au 22 octobre prochain devant les juges du Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau devrait situer l’ensemble des militants sur l’avenir du parti et de son président. Toutefois, Yapo Calice, chef du secrétariat exécutif du Pdci-Rda, estime que les militants du parti octogénaire devraient sortir des débats stériles.
« Le 22 octobre, le Pdci-Rda est en procès. Qui nous a envoyés en procès ? Nos propres militants. Ils disent quoi ? On est allé au congrès, le congrès n’a pas eu de président, le président n’a pas 10 ans de Bureau politique. Est-ce que c’est quand on va dire que Cheick Tidjane Thiam n’est plus le président du Pdci-Rda que les cours d’eau qui nous entourent vont changer de couleur ? Ça va devenir clair pour qu’on puisse boire ? Est-ce que c’est quand on va dire que Cheick Tidjane Thiam n’est plus le président du Pdci-Rda que les parents, à la rentrée, auront l’argent pour payer les fournitures de leurs enfants ? Il y a de vrais problèmes dans ce pays dont les opposants doivent parler. Quand quelqu’un est opposant, cela veut dire qu’il cherche le bonheur de ses concitoyens et, pour cela, il se bat pour que son parti arrive au pouvoir. Un parti politique est créé pour que, par la vision qu’il développe, il puisse accéder au pouvoir d’État, l’exercer et le conserver par les moyens démocratiques », a-t-il avancé.
Rappelons que le Pdci-Rda et son président sont engagés dans des procédures judiciaires à la suite de plaintes déposées devant la justice par deux de leurs militants.
Le verdict dans les deux procédures, attendu le jeudi 30 juillet 2026 de la part de la justice ivoirienne dans l’affaire opposant le Pdci-Rda et son président, Tidjane Thiam, à Charles Abié Tchétché, a finalement été renvoyé.
La juge, présidente du Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, a décidé de renvoyer l’affaire au 22 octobre prochain, accordant ainsi un sursis au parti octogénaire et à son leader.
Raison du renvoi : la jonction de l’affaire opposant Charles Abié Tchétché, membre du Bureau politique, au Pdci-Rda, à une autre affaire portée par Siaba Antoine Constant, lui aussi membre du Bureau politique du parti.
La magistrate a décidé de joindre les deux affaires dans une seule et même procédure afin de mieux apprécier la situation et de rendre un verdict unique.
Axel KONE