La scène se passe le 15 février 2024. Jared Kushner est interviewé pour l’université d’Harvard. Cela fait cinq mois que l’offensive israélienne à Gaza a commencé.
Au détour d’une question, l’homme de 43 ans, ancien magnat de l’immobilier, fait cette suggestion. « Je suis assis à Miami Beach en ce moment… et quand je vois la situation là-bas, je m’interroge : « Si j’y étais, qu’est-ce que je ferais ? » » Et il poursuit : « Le front de mer de Gaza pourrait avoir une grande valeur… Si seulement les gens se concentraient sur leur développement économique. Vous imaginez… les sommes dépensées dans les tunnels, les munitions… si cet argent avait été investi dans l’éducation ou la rénovation… tout ce qui aurait pu être fait ? »
Jared Kushner, juif orthodoxe, avait aussi fait part de quelques idées concernant la population. « La situation là-bas est un peu fâcheuse. Mais si j’étais Israël, je ferais de mon mieux pour déplacer les habitants, dans le Néguev par exemple, et nettoyer. Je ne pense pas qu’Israël serait contre leur retour ensuite. »
L’absence totale de compassion et d’empathie du mari d’Ivanka Trump – la bande de Gaza était déjà à feu à sang avec plusieurs milliers de victimes – avait provoqué un tollé dans une partie de l’opinion.
Kushner a été le haut conseiller en politique étrangère de Trump et l’architecte du plan pour le Moyen-Orient de l’ancien président américain, qui comprenait des accords de normalisation (les accords d’Abraham) entre Israël et plusieurs États arabes – les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, rappelait alors le Middle East Eye.
Certains commentateurs notent ce mercredi matin que Donald Trump et son ami Steven Witkoff, émissaire spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, sont tous deux des investisseurs new-yorkais, spécialistes de l’immobilier.
RFI