Dans une interview accordée à la télévision NCI, le patron du football ivoirien s’est montré ferme, dénonçant une remise en cause qu’il juge injustifiée et contre-productive. « Il y a un débat Faé… il faut arrêter ça. Il faut qu’on soit sérieux », a-t-il martelé, avant de rappeler le parcours et les résultats du technicien ivoirien depuis sa prise de fonction.
Nommé dans un contexte délicat lors de la Can 2023, Emerse Faé a pourtant conduit la sélection nationale au sacre continental, offrant à la Côte d’Ivoire un troisième titre africain. Dans la continuité, il a qualifié les Éléphants pour la Coupe du monde, une compétition que le pays n’avait plus disputée depuis 2014, soit douze ans d’attente. « Vous avez un entraîneur vainqueur de la Can en titre, qui qualifie le pays pour le Mondial, et on remet son travail en cause après un quart de finale ? Il faut se respecter », a insisté Yacine Idriss Diallo.
Le président de la Fif rappelle également que le parcours au Maroc s’inscrit dans une logique sportive cohérente. « Nous arrivons en quart de finale, ce qui correspond au rang du sixième Africain que nous sommes », a-t-il expliqué, soulignant le caractère parfois fluctuant des jugements portés sur le staff technique, selon les résultats immédiats. « Quand il bat le Burkina Faso, on l’encense. Quand on perd contre l’Égypte, certains cherchent à créer une pression inutile », a-t-il regretté.
Au-delà de la polémique, l’enjeu est désormais ailleurs. La Côte d’Ivoire aborde une phase décisive de son calendrier sportif, avec les prochaines journées de qualification et, surtout, la préparation de la Coupe du monde. Dans ce contexte, la stabilité du staff technique et la cohésion autour de l’équipe nationale apparaissent comme des conditions essentielles pour rester compétitif au plus haut niveau.
Conscient des défis à venir, le président Diallo n’élude pas les axes de progression. « Faé devra travailler pour améliorer les faiblesses qu’il a, comme tout être humain », a-t-il reconnu, tout en réaffirmant sa confiance totale envers le sélectionneur. « Nous allons à la Coupe du monde avec Faé. Ce débat-là, il faut le mettre de côté. C’est confirmé, Faé reste à la tête de l’équipe nationale… Laissez-le tranquille, laissez-le se concentrer sur son travail », a-t-il tranché, mettant fin à toute ambiguïté.
À l’heure où les Éléphants doivent consolider leurs acquis et préparer sereinement les prochaines échéances internationales, le message de la Fif indique que l’urgence n’est pas à la division, mais au rassemblement. Maintenir un climat serein autour du sélectionneur et des joueurs, éviter les polémiques stériles et préserver l’unité du groupe constituent désormais des impératifs pour permettre à la Côte d’Ivoire de poursuivre sa dynamique et d’aborder les défis à venir avec ambition et lucidité.
Eric KOUAKOU