La procédure judiciaire s’étend au PDCI-RDA. Cinq responsables du parti ont reçu des convocations les invitant à se présenter au cabinet de la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan, à Cocody-Angré, selon une note d’information publiée sur la page Facebook officielle de la formation politique. Les documents auraient été déposés au siège du parti le jeudi 15 octobre 2026.
Les personnes concernées sont Georges-Philippe Ezaley, vice-coordinateur des activités des vice-présidents, Roger M’Bia, directeur général du PDCI-RDA, Alain Cocauthrey, directeur de cabinet de Tidjane Thiam, Dia Houphouët, vice-président et membre du secrétariat exécutif, ainsi que Fian Hervé, membre du bureau politique.
Selon les convocations consultées par Cinews.ci, les auditions sont programmées entre le 16 et le 23 octobre. Roger M’Bia et Alain Cocauthrey sont attendus le 16 octobre, Georges-Philippe Ezaley le 19, Dia Houphouët le 21 et Fian Hervé le 23. À ce stade, les documents ne permettent pas d’établir les faits précis sur lesquels les enquêteurs souhaitent les entendre.
Le Front commun dans le viseur ?
Ces convocations retiennent l’attention en raison des responsabilités exercées par les cinq cadres au sein du Front commun, une plateforme réunissant le PDCI-RDA et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo. Présentée en juillet 2025, cette coalition avait porté plusieurs revendications liées à la préparation de la présidentielle du 25 octobre de la même année. Georges-Philippe Ezaley et Alain Cocauthrey figuraient au comité de pilotage. Roger M’Bia participait au dispositif opérationnel, tandis que Dia Houphouët était chargé de la mobilisation et Fian Hervé de la logistique.
Le Front commun réclamait notamment la réintégration de personnalités exclues de la liste électorale, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, un audit de cette liste et une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). La coalition avait également organisé des manifestations contre la candidature d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat. Les autorités avaient interdit certaines mobilisations, invoquant des risques de troubles à l’ordre public.
Après les responsables du PPA-CI
Les convocations du PDCI-RDA surviennent après celles de cinq cadres du PPA-CI : Daniel Billaud Zéréhoue, Emmanuel Ackah, Koua Justin, Dahi Nestor et Fabrice Lago. Le 12 octobre, Sébastien Dano Djédjé, cadre du PPA-CI, avait été placé sous contrôle judiciaire après une audition devant la même section. La direction du parti fait également état de détentions dans des procédures portant notamment sur des accusations de terrorisme et d’atteinte à la sûreté de l’État. Le 15 octobre, le PPA-CI a dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire » et appelé à la reprise d’un dialogue politique inclusif.
Au moment de la rédaction de cet article, le PDCI-RDA n’avait pas encore officiellement réagi. En l’absence de précisions judiciaires, le lien entre les convocations et les activités du Front commun reste à établir.
Eric KOUAKOU