S’exprimant sous couvert d’anonymat, l’un des représentants américains a fait savoir qu’un vol organisé mardi devait transporter une dizaine de migrants. Donald Trump a annoncé il y a moins d’une semaine son projet de centre géant de rétention de migrants à Guantanamo, connue pour sa prison militaire ouverte après les attentats du 11 septembre 2001. Mercredi dernier, il avait signifié son intention de demander, par décret, au Pentagone et au département de la Sécurité intérieure de rendre possible la détention de 30 000 migrants à la baie de Guantanamo.
Selon CNN, des marines américains sont partis à Guantanamo, il y a quelques jours, pour aider à la construction des installations nécessaires à la mise en œuvre de ce centre géant de rétention de migrants. Des membres des forces armées américaines s’y rendront sous peu pour instaurer des services de soutien, tels que la police militaire, un service alimentaire et un service médical. CNN cite des sources selon lesquelles la mise sur pied de ce mégacentre de rétention s’échelonnera sur 30 jours.
La prison de Guantanamo avait servi à la détention de ressortissants étrangers soupçonnés de terrorisme en lien avec les attentats du 11 septembre 2001. Distinct de cette prison, un centre pour migrants existait déjà à Guantanamo; il avait pour vocation depuis plusieurs décennies d’héberger à l’occasion des Haïtiens et des Cubains récupérés en mer.
Amy Fischer, qui dirige le programme de défense des droits des personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrantes d’Amnistie internationale aux États-Unis, a dénoncé le recours aux installations de Guantanamo pour héberger des migrants. Dans une déclaration publiée sur X, mardi, Mme Fischer a écrit qu’il s’agissait d’un geste « profondément cruel et coûteux ».
Cette responsable d’Amnistie internationale estime que cela aura pour effet « de couper les liens de ces migrants avec leurs avocats, leur famille et avec le système qui les soutenait ». « Cela les plongera dans un trou noir qui permettra au gouvernement américain de continuer à enfreindre leurs droits, à l’abri des regards », s’est-elle insurgée.
Par ailleurs, les autorités américaines ont entrepris lundi de renvoyer, en Inde, des migrants indiens. Cette opération était toujours en cours mardi, selon des responsables américains qui ont transmis ces informations sous couvert d’anonymat.
Tout récemment, des migrants ont ainsi été renvoyés par avion en Équateur, à Guam, au Honduras et au Pérou. De plus, fin janvier, des représentants des autorités de la Colombie s’étaient rendus aux États-Unis pour en ramener des migrants, à bord de deux appareils militaires.
La base américaine sur l’île de Cuba a accueilli et continue d’accueillir certains ennemis combattants capturés par les États-Unis après le 11 septembre 2001. Elle est devenue, pour de nombreuses ONG de défense des droits humains, un symbole des excès et de l’arbitraire dans la lutte contre le terrorisme, à cause de ses conditions de détention extrêmes, jusqu’au recours à la torture. Donald Trump a annoncé il y a moins d’une semaine son projet de centre géant de rétention de migrants à Guantanamo.
Avec Radio Canada