« Ce procès permet au parquet de donner un signal fort à toutes les personnes qui ont toujours des velléités de mener des actions subversives. Je dis, il s’agit de donner un signal fort à ceux qui ont des velléités de mener des actions subversives. Je voudrais dire que les appels incessants de certains acteurs politiques qui sont poursuivis, à user de la violence pour créer des troubles à l’ordre public, sont suivis… Je le dis afin que nul n’en ignore », a émis Braman Koné, qui s’exprimait au palais de justice à Abidjan-Plateau.
Contexte
Damana Pickass et quatre (4) autres étaient poursuivis pour « atteinte à la défense nationale », « attentat contre l’autorité de l’État », « participation à une activité de mercenaires » et « association de malfaiteurs » dans l’affaire de l’attaque du camp d’Anyama, en 2021. Quant à Koua Justin, il était jugé pour « attentat contre l’intégrité du territoire national », « participation à un mouvement insurrectionnel » et « troubles à l’ordre public », dans le contexte préélectoral, en 2020. Le procureur de la République avait requis 20 ans de prison contre les deux cadres du Ppa-Ci, Damana Pickass, et Koua Justin. Le tribunal les a condamnés, chacun, à 10 ans de prison. Parallèlement, ils ont écopé de 10 ans de privation de droits civiques et cinq (5) ans d’interdiction de paraître sur l’ensemble du territoire national ivoirien, sauf « leurs départements respectifs de naissance », « Abidjan ». Pour le cas spécifique de Koua Justin, l’exception s’étend à son lieu de travail, à savoir « Korhogo ».
Mercredi 12 février, dans la foulée de l’annonce du verdict, la défense, à travers Me Zadi Jonas, a dénoncé un « procès politique ».
Réplique
Jeudi, lors de sa conférence de presse, Braman Koné a réfuté la thèse du « procès politique ». « Le procureur poursuit des faits, il n’est pas politique. La qualité d’homme politique ne constitue pas une immunité et, il faut que ce soit bien. Cela est valable pour tous les hommes politiques. Si vous commettez des faits susceptibles d’être poursuivis sur la base du code pénal, alors nous allons donner la réponse qu’il faut pour les faits commis. Tant que la sécurité de l’Etat est menacée, alors je vais réagir avec la dernière énergie et de façon efficace », a fait valoir M. Koné, magistrat hors hiérarchie. « Je voudrais dire aux uns et aux autres que mon parquet est prêt physiquement, psychologiquement à apporter la réponse judiciaire appropriée à toute personne, quelle qu’en soit sa qualité d’homme politique ou agent d’exécution, pour toute activité subversive. Pour toute tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, nous sommes prêts », a encore déclaré le procureur de la République.
Braman Koné a signifié ne pas être « le bras séculier » du pouvoir. « Un procureur de la République ne fait que faire son travail conformément au code de procédure pénale… Nous sommes fiers d’avoir conduit ce procès jusqu’à son terme. Je ne suis pas un bras séculier, je ne suis qu’un procureur de la République », a plaidé l’ex-procureur de la République près le pôle pénal économique et financier.
Notons que la défense a décidé d’interjeter appel. Le procureur de la République entend user de son droit de recours si d’aventure, la défense obtenait gain de cause.
E.K.